Belgique

Académique et homme de terrain, Montasser AlDe’emeh n’a que 26 ans mais c’est un des meilleurs connaisseurs du vécu des jeunes Belges qui ont rejoint les mouvements djihadistes. Ce chercheur belge d’origine palestinienne les a rencontrés en 2014 sur place en Syrie. Il en a fait le récit dans "Pourquoi nous sommes tous djihadistes" (éditions La Boîte à Pandore). S’il a ainsi mis sa vie en danger en Syrie, ce n’est pas par conviction djihadiste. Mais pour finaliser sa thèse de doctorat qu’il achève à l’Université de Nimègue. Il vit à Molenbeek. Il est persuadé qu’il faut agir : il va ouvrir un centre pour accompagner ces jeunes radicalisés. Pour leur donner une seconde chance.

Qui sont ces gens qui partent ou sont partis combattre en Syrie ?

On peut distinguer deux groupes. D’une part, les djihadistes hardcore : indépendamment de l’actualité récente, ils croient en un Etat islamique, dans lequel ils veulent vivre de longue date. Et ils voient son avènement. D’autre part, il y a des jeunes, qui ne sont exposés que depuis peu à cette idéologie. En raison des circonstances, de frustrations accumulées, ils se sont isolés dans la société.

Mentalement comme physiquement. On ne les a pas accompagnés, on ne les a pas écoutés : que ce soit leur famille ou les imams. Ce deuxième groupe est le plus important. Dans leur isolement, ils sont entrés en contact avec la propagande djihadiste. C’est sur ce groupe qu’il faut agir.

Comment peuvent-ils en arriver à être prêts à mourir ?

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