Belgique

Selon nos collègues de Paris Match, un "débriefing opérationnel de l'incident du jeudi 17 mai 2018" a eu lieu deux semaines après la mort de Mawda. Cette fille de migrants avait reçu une balle venant de l'arme d'un policier lors d'une course-poursuite entre une camionnette remplie de migrants et les forces de l'ordre.

Cette rencontre aurait eu lieu le 31 mai, dans les bâtiments de la police de la route à Daussoulx (Namur). L'auteur présumé du tir n'aurait par contre pas fait partie des personnes présentes à ce moment.

Selon l'avocat Alexis Deswaef, interviewé par Paris Match, ce débriefing pourrait constituer un délit de "coalition de fonctionnaires".

"En organisant cette réunion, les policiers ont eu une très mauvaise idée. (...) Plusieurs des participants sont des témoins, voire des suspects, dans le cadre d’une instruction judiciaire en cours. Une telle réunion invite inévitablement à s’interroger sur la volonté des initiateurs de cette réunion et des participants de construire un témoignage collectif, une version commune du déroulement des faits. Le dommage pour l’enquête est encore plus grand en ce qui concerne les policiers qui auraient participé à ce type de caucus avant même d’avoir témoigné devant le comité P et/ou le magistrat instructeur. On pourra toujours suspecter qu’ils ont été influencés par ce qu’ils ont entendu. En effet, comment savoir s’ils n’ont pas appris des éléments nouveaux qui ont pu modifier leur perception des faits, comment ne pas se demander s’ils n’ont pas ressenti une pression qui pourrait moduler leur témoignage ? Vous remarquerez d’ailleurs qu’il arrive à la justice de placer une personne en détention préventive pour éviter qu’elle puisse avoir des contacts avec des tiers ou des témoins", a-t-il déclaré.

La peine prévue par la loi pour "coalition de fonctionnaires" va de un à six mois d'emprisonnement, nous apprend l'avocat. "En outre, la Cour européenne des droits de l’homme a une jurisprudence très claire sur la nécessité d’éviter que des policiers s’entendent sur une version des faits suite à un incident de tir", a ajouté l'ancien président de la Ligue des droits de l'Homme.

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