Belgique

Les enquêteurs français et belges avaient identifié, depuis plusieurs semaines, le fameux "Soufiane Kayal" qui, depuis Bruxelles, a joué un rôle dans la coordination des attentats de Paris, avec l’Algérien Mohamed Belkaid alias "Bouzid", abattu lors de l’assaut de Forest la semaine dernière.

Lundi, le parquet fédéral a rendu public son nom. Il s’agit de Najim Laachraoui, un Belge né le 18 mai 1991 et originaire de Schaerbeek. La commune l’a radié de son domicile familial en février 2015 car l’homme est parti en Syrie dès février 2013.

Il fait partie des premiers groupes de Bruxellois à avoir rejoint le djihad syrien. Le mouvement avait débuté en décembre 2012. "Abou Idriss" (son nom de guerre) apparaît également dans le procès d’une filière syrienne à Bruxelles, dont le jugement sera prononcé début mai. Le procureur a requis contre lui quinze ans de prison, principalement pour avoir amené plusieurs de ses amis dans les rangs de l’Etat islamique.

"C’est un vieux client parmi les foreign fighters", résume un enquêteur. "Et Belkaid était un dur à cuire."

C’était peut-être l’artificier

Bref, le duo était rompu à la guerre qui sévit en Syrie et constituait un vrai danger. Les deux hommes ont été amenés en Belgique au début de septembre dernier à bord d’une Mercedes conduite par Salah Abdeslam. Ils avaient été repêchés à la gare Keleti de Budapest, à l’époque submergée par les réfugiés syriens. Utilisant de fausses cartes d’identité belges, ils passèrent la frontière sans éveiller les soupçons de la police autrichienne. Pourtant, un mandat d’arrêt international avait été émis contre Laachraoui depuis le 18 mars 2014.

Le soir des attentats, selon les enquêteurs, les deux hommes reçurent les SMS envoyés par les kamikazes. Le téléphone a été localisé dans la commune de Schaerbeek.

Quel rôle exactement a joué Laachraoui ? Peut-être celui d’artificier. En tout cas, on a retrouvé son ADN sur au moins deux ceintures explosives, l’une utilisée au Bataclan, l’autre au stade de France. Le Schaerbeekois a aussi laissé des traces dans deux des trois planques du réseau : l’appartement de la rue Henri Bergé à Schaerbeek et la maison louée à Auvelais.

Najim Laachraoui figurait sur la liste de l’Ocam, qui a été remise à la police de Schaerbeek. Une centaine de Schaerbeekois y figurent, y compris des personnes qui ont été tuées ou sont revenues de Syrie.

Du fugitif, on sait peu. Il aurait fréquenté l’école catholique de l’institut de la Sainte-Famille d’Helmet, où, en 2012, il aurait obtenu une "satisfaction" dans sa première année de baccalauréat en électromécanique, selon une revue d’anciens élèves. La direction de l’école n’a cependant pas répondu aux appels de "La Libre".Christophe Lamfalussy