Belgique

Apaisement définitif dans le dossier du bruit des avions de l’aéroport de Bruxelles-National ? C’est à espérer, vu l’encre que celui-ci a fait couler. Selon nos informations, une note élaborée après des réunions qui se sont succédé à la mi-décembre 2009 sera examinée par les principaux ministres du fédéral ce vendredi en kern. “Il y a accord sur 99 % du document, mais il reste une ligne sur dix pages à approuver”, nous a confié une source proche du dossier. En effet, les nouvelles solutions visent, en définitive, à appliquer dorénavant le principe de précaution qui veut que les avions doivent survoler les zones les moins densément peuplées ou non habitées. Ainsi, la note prévoit donc la suppression de la route Chabert qui traverse la région bruxelloise de part en part (voir infographie). Celle-ci, ramenée dans le ciel bruxellois grâce au plan Anciaux de décembre 2003, est empruntée les samedis et dimanches par les avions en direction de Chièvres. Elle concentrerait environ 5 000 vols par an et leur bruit dérangerait quelque 350 000 citoyens. Suite à la suppression prochaine de la route Chabert, les avions qui l’empruntent devraient être répartis sur la route du Canal et la route du Ring. La modification des routes fait partie des demandes présentées du précédent gouvernement bruxellois (2004-2009). Environ 60 000 habitants vivraient sous chacune des deux routes.

Par ailleurs, une autre disposition des mesures prévoit de diviser en deux la route de Huldenberg à la hauteur de 1 700 pieds et ce, en fonction des destinations. Selon des experts, la route de Huldenberg est la plus utilisée pour les décollages (environ 50 %) et elle survole plusieurs communes (Evere, Schaerbeek, Woluwe-Saint-Pierre, Woluwe Saint-Lambert, Wezembeek-Oppem). Les avions qui l’empruntent desservent notamment des pays d’Afrique, d’Asie et du sud de l’Europe.

Toutefois, la mise en pratique de cette mesure suppose un accord avec le ministère de la Défense, les avions civils devront utiliser l’espace aérien militaire. Le secrétaire d’Etat, Etienne Schouppe (CD&V), aurait déjà pris langue avec les militaires pour leur faire entériner ce point de l’accord.

L’autorité indépendante de contrôle des nuisances serait quant à elle tombée à l’eau, les parties n’ayant pas réussi à s’accorder. Mais qu’à cela ne tienne, car une cellule à créer au sein de la direction générale du transport aérien (DGTA) devrait s’en occuper. Elle devra néanmoins montrer tous les signes d’indépendance et de neutralité pour rassurer les riverains et la Région de Bruxelles-Capitale. Par ailleurs, une note est également en discussion et devrait déboucher sur une loi destinée à encadrer l’exploitation de l’aéroport national.

Le seul point d’achoppement dans l’accord concerne la problématique des normes de la composante de vent arrière. Celles-ci interviennent aussi dans l’usage des pistes. Actuellement, les normes en vigueur sont, en journée, de 7 nœuds sur les pistes 25 parallèles préférentielles et de zéro sur la piste 02/20 diagonale (et plus petite). La nuit, la norme est toujours de 7 nœuds pour les pistes 25, mais elle est limitée à 5 pour la piste 02/20. Au-delà de ces normes, il faut modifier l’utilisation normale des pistes.

Mais sous la poussée de certains riverains, il est question de réduire la norme actuelle de 7 nœuds sur les pistes préférentielles (les pistes 25) à 5. Or cette modification entraînerait une augmentation de l’utilisation de toutes les autres pistes (02/20, 07). Le chiffre 07 désigne les pistes quand on les utilise dans l’autre sens. Une étude commandée par le cabinet Schouppe au bureau allemand Airsight (Berlin) a conclu dans la deuxième version qu’on peut valablement baisser la norme à 5.

Dans la première version, les experts de l’entreprise allemande spécialisée dans des services de conseil, d’ingénierie, de formation et des logiciels aux aéroports et organismes de l’aviation civile évoquaient 8 nœuds. Par ailleurs, ils avaient “oublié” de faire mention de la recommandation de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) suggérant de porter (ou de maintenir) la norme de la composante de vent à 7. Conséquence : ils n’ont pas fait bonne impression chez les Belges et il a été décidé de ne pas tenir compte de leurs conclusions.

© La Libre Belgique 2010