Belgique

Quand on veut, on peut. Au Collège Pie X de Châtelineau, toute l'attention des autorités se porte sur le coût des activités. Objectif: que les familles puissent payer et que tous les élèves puissent prendre part aux activités un peu exceptionnelles. Environ 530 élèves fréquentent cet établissement secondaire d'enseignement technique et professionnel et d'enseignement général, situé dans le zoning industriel de Charleroi.

«Notre facture annuelle s'élève à 60€, explique Charles Menne, l'économe du Collège. Nous l'avons diminué cette année, et avons proposé de le payer en deux fois 30€, en octobre et janvier. En septembre 2004, c'était encore 80€ en une fois.» Une somme dont les parents s'acquittaient très difficilement.

Les 60€ annuels recouvrent surtout le paiement des photocopies, mais aussi le journal de classe et la participation à la politique de réinvestissement de l'école dans les manuels scolaires. Outre cette somme de base, le budget d'un élève doit aussi prévoir les repas. Ici, pas de dîner chaud, mais un assortiment de sandwiches à 1,50€ et, surtout, une politique d'incitation au «bien manger» qui passe par l'offre d'un potage frais, chaque jour, pour la bagatelle de 10 cent (30 accompagnés d'une tartine beurrée, et 50 avec deux tartines). «L'opération remporte un énorme succès!», commente l'économe. L'étude dirigée, elle, est gratuite. Autres «extra» possibles: les spectacles, conférences ou autres sorties puis, surtout, les voyages scolaires.

Des envies grandissantes

«Depuis environ cinq ans, on assiste à une véritable inflation des propositions de voyages, rapporte Philippe Van Malder, coordinateur pédagogique depuis douze ans dans l'école. A tel point que nous avons dû mettre le holà. Concrètement, il a fallu refréner les enthousiasmes des enseignants et limiter les projets à un voyage maximum par an. De la 1e secondaire à la 5 e , il ne doit pas dépasser 100-150€. Et en rhéto, pour le voyage de fin d'études, il peut monter jusqu'à 250 ou 300€.» Et, là aussi, toutes les facilités sont accordées pour payer en plusieurs fois. «Les enseignants font partie du conseil de direction et ceux qui ont un projet sont invités à le présenter avant fin septembre, de façon à ne pas prendre les familles par surprise.»

Les activités payantes sont facultatives, mais les responsables sont conscients de la pression morale qui pèse sur les parents.

Sur chaque facture figure donc la mention: «Les difficultés financières ne doivent pas être un obstacle à la participation.» Ce qui sous-entend que la solidarité jouera. Mais très discrètement. «D'une part, pour ne pas montrer du doigt celui qui ne paie pas. Et, de l'autre, pour ne pas en arriver à un système ou plus personne ne voudra payer!», commente encore le coordinateur.

«Notre école n'existerait pas sans les jeunes des familles populaires du zoning, ajoute-t-il enfin. Certes, nos subsides de fonctionnement ont un peu augmenté grâce au refinancement, mais la charge d'entretien du bâtiment est énorme, insiste l'économe. On ne peut donc pas tout prendre sur le budget de l'école. Mais on n'a pas le choix: nous devons pratiquer des prix démocratiques pour aider les gens à payer.» Dans le même ordre d'idées, l'homme trouve le temps d'organiser une petite boutique où chaque élève peut trouver le matériel scolaire de base dont il a besoin. «Je demande les listes de fournitures à tous les profs en début d'année et j'achète le tout en grande quantité, ce qui facilite la vie des parents et fait baisser leur facture.» Quand on veut, on peut.

© La Libre Belgique 2006