Belgique Entretien

La Chambre a voté à l’unanimité jeudi la constitution d’une commission spéciale relative au traitement des faits de pédophilie dans une relation d’autorité, en particulier au sein de l’Eglise. Rencontre avec sa présidente, Karine Lalieux (PS).

Quels seront ses objectifs ?

Ce sera une commission spéciale au service des victimes, répondant ainsi à une des missions et devoirs du Parlement. Le pays a vécu un vrai séisme en apprenant qu’il y avait 500 victimes d’abus sexuels dans l’Eglise. Face à ce constat, nous voulons d’abord étudier pourquoi il a fallu autant de temps pour rompre ce silence. Pourquoi les victimes ne se sont-elles pas adressées plus tôt à la Justice ? La deuxième visée est de voir s’il y a bien eu séparation de l’Eglise et de l’Etat; on se demandera si la Justice a toujours été indépendante dans ces dossiers. En tant que présidente, je voudrais aussi répondre en quelque sorte aux propos de Mgr Léonard en les appliquant à la commission : elle ne sera en rien une vengeance contre l’Eglise mais le souhait est que ça ne se reproduise plus jamais.

Vous pourriez la transformer en commission d’enquête ?

Précision : ce ne sera pas un double de la commission Adriaenssens : les députés ne sont ni des psys, ni des thérapeutes. Ce ne sera pas une chambre d’écoute. Les victimes doivent porter plainte et s’adresser aux maisons de justice pour recevoir l’assistance à laquelle elles ont droit. Nous partons du protocole avec la justice selon lequel le rapport de la défunte commission est une bonne base. Il va de soi que nous ferons preuve de prudence par rapport à des dossiers en cours mais nous n’admettrons pas qu’on essaie de nous bloquer. Car dans ce cas, nous nous muerons en commission d’enquête.

Comment travaillerez-vous ?

La commission entame ses travaux le 10 novembre et compte travailler sur un rythme soutenu de manière à pouvoir présenter son rapport final le 7 avril 2011.