Belgique

La circulation des bus TEC est touchée ce mardi matin en vertu de l'action de la FGTB organisée à travers le pays. Plusieurs secteurs publics sont également, du moins partiellement, à l'arrêt.

Dans la région de Liège et Verviers, environ un bus sur 10 circule (13%), indique la porte-parole locale vers 6h00. A Charleroi, l'action est également bien suivie. Selon un point de la situation à 5h30, 40% des métros 1 et 2 étaient en circulation, pour 7% de la ligne 3 et aucun métro sur la ligne 4. 12% des bus sont partis du dépôt de Jumet/Nalinnes, 11% de celui d'Anderlues et aucun du dépôt de Genson.

D'après le site des Tec, 68% des parcours devraient être assurés dans le Brabant wallon. 66% des lignes pourraient être touchées.

Dans le Hainaut à 6h00, les services de deux lignes sur 10 étaient assurés dans la région du Borinage, 28% à Mons, 31% dans la région du Centre et 84% dans le Hainaut occidental.

Dans la zone Namur-Luxembourg, le site n'a pas été mis à jour mardi matin, mais quelques perturbations sont également à prévoir.

Le syndicat socialiste (FGTB) mène une journée d'action en faveur du pouvoir d'achat et contre les inégalités sociales. Des rassemblements et discours sont prévus en Wallonie, à Bruxelles et en Flandre.

"Le gouvernement wallon prendra ses responsabilités"

"Le contrat de gestion de l'Opérateur de Transport de Wallonie (OTW) - le groupe qui chapeaute les TEC au sud du pays, ndlr - doit être respecté et le service minimum assuré, même par la FGTB", a affirmé sur Twitter le ministre-président wallon Willy Borsus selon qui son gouvernement "prendra ses responsabilités dès ce jeudi".

En adoptant, fin janvier, le nouveau contrat de gestion de l'OTW, l'exécutif régional avait explicitement prévu "qu'en cas de mouvement ou de manifestation entraînant l'interruption de service, l'OTW alloue prioritairement le personnel disponible de manière à assurer la continuité du service public sur un maximum de lignes essentielles".

A cet effet, avait ajouté le gouvernement, l'OTW doit établir un plan de priorisation de l'allocation du personnel par dépôt, déterminant le niveau de personnel nécessaire pour assurer le service sur chaque ligne et hiérarchisant les lignes à opérer prioritairement selon leur caractère essentiel.

Or, malgré l'engagement des autorités en faveur d'un service minimum garanti, vivement contesté par les syndicats, la circulation des bus TEC est fortement perturbée ce mardi en raison de la journée d'action organisée dans tout le pays par la FGTB.

C'est particulièrement le cas dans la région de Charleroi où seuls 4% des bus du dépôt Genson circulaient peu avant 11h00 et à Liège où 80% des services ne sont pas assurés. La situation est moins chaotique dans le Brabant wallon - 68% des parcours y sont effectués - et dans la zone Namur-Luxembourg où le site des TEC ne fait état que de "quelques perturbations".

Face à cette situation, "je souhaite que le gouvernement wallon se penche sur les mesures à prendre pour non respect d'une des dispositions du nouveau contrat de service public", a de son côté déclaré le ministre wallon des Transports, Carlo Di Antonio.

Celui-ci a par ailleurs déploré "une nouvelle entrave au service public de transports, pénalisant, à des fins strictement politiques et à quelques jours des élections, des milliers d'usagers".

Mobilisation massive dans les prisons

Près de deux tiers des agents pénitentiaires étaient absents mardi matin dans les prisons du sud du pays, pour un peu plus de la moitié au nord, ressort-il d'un décompte de l'administration pénitentiaire à l'occasion de la journée d'action du syndicat socialiste FGTB.

En moyenne, 38,09% du personnel attendu dans les prisons de Wallonie et de Bruxelles était au poste pour prendre le service du matin (6h-14h).

La présence variait de 20,51% à la section masculine de la prison de Forest à 82,61% à la prison de Nivelles.

Les chiffres de la direction générale des établissements pénitentiaires du service public fédéral Justice n'étaient toutefois pas disponibles pour un tiers des établissements du sud du pays.

Dans les prisons de Flandre, 48,86% des agents étaient présents. Les taux variaient de 23,33% à la prison de Gand à 47,62% à celle de Merkplas.

La journée d'action nationale de la FGTB est placée sous les thèmes de la défense du pouvoir d'achat et de la lutte contre les inégalités sociales.

Mouvement de contestation dans le fief du Premier ministre

Plusieurs milliers de manifestants du syndicat socialiste FGTB défilaient mardi matin dans le centre de Wavre, fief du Premier ministre du gouvernement démissionnaire Charles Michel (MR), à l'occasion d'une journée d'action de la FGTB pour l'augmentation des salaires et contre les inégalités.

Encadrés par la police, les syndicalistes rejoints par des délégations de la mutualité Solidaris et du Parti socialiste, doivent parcourir un trajet d'environ 3,5 km avant un rassemblement final vers midi où le président de la FGTB, Robert Vertenueil, doit prendre la parole.

Les manifestants revendiquent notamment le rehaussement du salaire minimum à 14 euros de l'heure (2.300 euros par mois), un relèvement de la pension minimale à 1.500 euros net par mois, ainsi que le rehaussement des allocations sociales minimales à 10% au-dessus du seuil de pauvreté.

Des calicots fustigeaient la politique du gouvernement fédéral, dont l'un décerne des oscars à "Charlot Michel" en tant que pire réalisateur pour "jobs, jobs, jobs", pire scénariste pour "La Suédoise" et pire acteur dans "Le Saut d'index".

Les régionales et les centrales professionnelles du Brabant wallon, du Centre, de Charleroi, de Mons, de Namur, de Tournai et du Luxembourg participent à cette marche sur Wavre.

Plusieurs centaines de manifestants à Bruxelles

Plusieurs centaines de manifestants (2.000 selon les organisateurs, 650 selon la police) ont peuplé de rouge la place de la Monnaie, mardi à Bruxelles, à l'occasion d'une journée d'action du syndicat socialiste FGTB pour le pouvoir d'achat et contre les inégalités.

"C'est ici que l'on frappait la monnaie au Moyen-Âge et c'est ici qu'a commencé la révolution belge en 1830. Aujourd'hui, c'est ici que débute la révolution pour le pouvoir d'achat", a clamé Estelle Ceulemans, secrétaire générale de la FGTB Bruxelles.

Les manifestants revendiquent notamment le rehaussement du salaire minimum à 14 euros brut de l'heure (2.300 euros par mois), un relèvement de la pension minimale à 1.500 euros net par mois, ainsi que le rehaussement des allocations sociales minimales à 10% au-dessus du seuil de pauvreté.

A Anvers, quelque 1.200 militants ont participé à une marche similaire. Ils étaient plus de 5.000 à Liège et plusieurs milliers aussi à Wavre, fief du Premier ministre du gouvernement démissionnaire, Charles Michel (MR).