Belgique Dimanche dernier, Charles Michel (MR) prononçait un discours largement applaudi à Marrakech, où a été approuvé (en marge du vote à New York le 19 décembre) le Pacte de l'Onu pour des migrations sûres, ordonnées et régulières. Dans le même temps, des associations de droite et d'extrême-droite flamandes comme les étudiants catholiques flamands (KVHV), les étudiants nationalistes (NSV) qui se joindront aux membres de Schild en Vrienden, Voorpost et Vlaams Belang Jongeren annonçaient l'organisation d'une "Marche contre Marrakech" pile poil une semaine plus tard, soit ce dimanche 16 décembre. Selon les organisateurs, le texte onusien mettrait en jeu "l'avenir de notre peuple et de notre pays"

D'après les commentaires publiés sur la page Facebook de l'événement, les organisateurs souhaitent que la manifestation se déroule dans le calme et sans violences. La venue de hooligans issus de différents clubs de football belges à Bruxelles laisse toutefois craindre des débordements. Sur les quelque 130 000 personnes invitées à prendre part à cet événement, 12 000 indiquent y participer et 35 000 se montrent intéressées par celui-ci. Et si l'on ne peut entièrement se fier entièrement à ces chiffres, force est de constater que l'événement suscite l'intérêt sur les réseaux sociaux. 

La Ville de Bruxelles et la Région bruxelloise ont interdit ce rassemblement mais les manifestants sont décidés à braver cette interdiction. 

Les migrants sont placés en sécurité 

Bien que les organisateurs répètent que la "Marche contre Marrakech" se veut être une action pacifique, certains commentaires sur la page de l'événement sont ouvertement racistes et incitent à la haine. En conséquence, la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés a lancé un appel aux hébergeurs afin de mettre toutes les personnes à l'abri. "Nous voulons éviter qu'ils soient victimes de violence. Tout est fait pour protéger un maximum de monde", avance Mehdi Kassou, porte-parole de la Plateforme. Une solution d'hébergement (chez des citoyens, à la porte d'Ulysse ou dans des hébergements collectifs dont les lieux sont tenus secret pour raisons de sécurité) a déjà été trouvée par quelque 600 personnes. "On devrait parvenir à tous les abriter", ajoute Mehdi Kassou. Contactée par la Plateforme citoyenne, la police protégera les lieux où seront logés les migrants. 

Une quarantaine d'associations se réunissent pour dégager des solutions contre le racisme 

Une manifestation contre "la Marche contre Marrakech" avait été lancée en début de semaine mais celle-ci a été annulée. Les associations comptent en effet respecter l'interdiction de manifester à Bruxelles ce dimanche. En lieu et place, elles ont lancé un meeting dans la capitale. Objectif : réunir les organisations syndicales, les associations étudiantes, féministes, citoyennes, antifascistes et de défense des droits humains pour trouver des solutions contre "la montée des idées racistes et autoritaires" qui constituent "une grave menace et doivent être combattues sans relâche". Elles entendent créer un front commun contre le racisme. 

Dans un communiqué de presse, une quarantaine d'associations fustigent "cette mobilisation d'extrême-droite", qu'elles estiment être la "conséquence prévisible des déclarations provocatrices et de la campagne de propagande de la N-VA au cours des dernières années (avec la complaisance de ses partenaires du gouvernement Michel) en particulier autour du Pacte sur les migrations. Dans groupes comme Schild en Vrienden s'engouffrent dans le boulevard offert par la N-VA, qui court elle-même derrière le Vlaams Belang"