Belgique Le papa de Melissa a senti chez ceux qu’il a rencontrés une détresse dont il se sent solidaire.

Parmi les "gilets jaunes" qui ont défilé à Bruxelles, samedi, on a pu voir Gino Russo, le papa de Melissa, l’une des petites victimes de Marc Dutroux.

Une réelle détresse

Le Liégeois, au passé syndicaliste avéré et aux engagements sociaux connus, nous confiait, dimanche, qu’il avait tenu à se joindre aux manifestants après avoir rencontré plusieurs "gilets jaunes" et compris leurs "difficultés à finir le mois".

"J’ai pu me rendre compte des soucis d’ordre économique, financier et social auxquels ils sont quotidiennement confrontés. Ce sont des gens ordinaires, qui ont la sensation de ne plus être compris par personne, notamment par les corps intermédiaires qui les ont défendus en son temps mais qu’ils ne voient plus ni comme des protecteurs, ni comme des relais. Leur précarité, leur solitude m’ont ému et j’ai décidé de les soutenir. Il y a peut-être dans le discours que tiennent les "gilets jaunes" un certain manque de cohérence mais leurs problèmes sont réels et je peux vous affirmer que j’ai vu peu de militants d’extrême droite parmi eux mais beaucoup de gens au ventre vide et quelques membres de la classe moyenne qui risquent de glisser sur la pente de la précarité. Oui, ce qui prédomine chez ceux que j’ai rencontrés, c’est une vraie détresse."

Jamais vu autant de policiers

Gino Russo insiste par ailleurs sur le déploiement policier dont il a été témoin samedi. "Des manifestations, j’en ai vécues des dizaines mais je n’avais jamais vu ça. D’une certaine façon, les "gilets jaunes" ont réussi leur coup. Entraîner une telle mobilisation policière pour aussi peu de manifestants, il fallait en quelque sorte le faire…"