Belgique

Ce mercredi, transporteurs routiers et agriculteurs prendront donc le contrôle de Bruxelles. Combien seront-ils ? Difficile évidemment de le prédire, mais cette manifestation devrait marquer les esprits, la paralysie probable de Bruxelles rappelant le blocus des routes belges en septembre 2000 lorsque les routiers - plus vraiment sympas du coup - avaient bloqué le pays durant plusieurs jours. Déjà, à l'époque, pour exiger des mesures censées atténuer l'envolée des prix pétroliers...

Après une semaine de manifestations à travers le pays, organisées à l'initiative des syndicats, c'est donc au tour de nouvelles corporations de battre le pavé pour exiger que le gouvernement Leterme passe à l'action sur le front du pouvoir d'achat. Le pouvoir d'achat, voilà bien LE sujet au centre de toutes les préoccupations des Belges, comme le démontre notre récent Baromètre politique, loin devant des enjeux communautaires ou des problèmes de tuyauterie institutionnelle dont ils ne perçoivent ni l'utilité, ni l'urgence.

On attend de l'équipe Leterme qu'elle mette effectivement le turbo pour répondre rapidement aux situations des plus démunis et trouve, en son sein, un juste équilibre entre les recettes fiscales et sociales destinées à sauvegarder un pouvoir d'achat, mis à mal par la flambée des prix pétroliers et des denrées alimentaires. Que nos chers Ministres s'occupent enfin "des vrais problèmes des gens", comme ils aiment à le répéter à longueur d'émissions politiques. Sans démagogie, sans céder aux promesses intenables alors que certains se sentent déjà en climat préélectoral. Mais avec détermination et réalisme. Car les marges budgétaires, inexistantes, le ralentissement de la croissance économique et l'évolution de nos déficits publics, surveillés à la loupe par l'Europe, ne doivent pas laisser augurer de recettes miracles et des lendemains qui chantent. Non, l'urgence nécessite l'application de mesures ciblées. Avant la mise en place de politiques fortes dans l'énergie ou les transports pour inscrire notre économie sur la voie d'un développement durable.

Confronté à sa première grande crise sociale, ce gouvernement a le devoir de démontrer qu'il n'est pas qu'un simple accident de l'histoire politique de ce pays, une équipe dont le contrat à durée déterminée se soldera par un licenciement collectif avec retour aux élections anticipées, une auberge espagnole paralysée par le communautaire. C'est maintenant. Et c'est l'occasion ou jamais...