Belgique

Mehdi Nemmouche est resté concentré à l’ouverture de son procès. Sa défense n’a pas réussi à écarter l’Association française des victimes du terrorisme. Celle-ci y voit "un pas important pour les victimes".

Il faudra encore attendre quatre jours pour voir l’attitude qu’adoptera Mehdi Nemmouche à son procès. Ce n’est que mardi prochain que ce Français de 33 ans, poursuivi pour quatre assassinats terroristes commis au Musée juif de Belgique le 24 mai 2014, sera interrogé devant la cour d’assises de Bruxelles.

Vêtu d’un sweat-shirt orange, portant une barbe taillée courte, Mehdi Nemmouche a simplement dû décliner son identité à la première journée de son procès, largement consacrée à la lecture de l’acte d’accusation long de 184 pages. Elle se poursuivra vendredi.

Mehdi Nemmouche n’a pas sourcillé pendant cet acte de procédure par lequel le ministère public présente les faits à juger au jury. Il est resté concentré tout au long de l’audience.

Une seule décision est tombée jeudi. Trois personnes morales seront bien entendues en tant que parties civiles.

Il y a d’abord le CCOJB (Comité de coordination des organisations juives de Belgique) et Unia (Centre interfédéral pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme et les discriminations).

Ces deux personnes morales peuvent se constituer partie civile car la loi le prévoit explicitement en matière de racisme pour Unia et parce que le CCOJB peut avancer le caractère clairement antisémite des assassinats.

La question était plus délicate pour l’Association française des victimes de terrorisme (AFVT). La défense de Mehdi Nemmouche souhaitait l’écarter. Me Henri Laquay avait ainsi fait valoir qu’en Belgique, aucune disposition particulière ne lui permet de se constituer partie civile, même si elle invoquait qu’une des victimes était française. Me Henri Laquay voulait que la présidente déclare donc cette constitution de partie civile irrecevable, dès l’entame des débats.

Un enjeu de taille pour l’AFVT

Ce qui était évidemment inacceptable pour l’AFVT. Si sa constitution de partie civile était déclarée irrecevable, ses avocats devaient quitter le procès. Pas question alors pour eux d’interroger les 120 témoins qui seront convoqués au procès, ni de formuler des observations et de plaider au procès.

La cour d’assises a pris deux heures pour trancher cette question de droit. Elle a simplement dit que la demande de la défense de Nemmouche "était prématurée". En clair, elle dira à l’issue des débats pénaux, si la constitution de partie civile est bien recevable.

D’ici là, les avocats de l’AFVT pourront s’exprimer au procès. Ce qui est l’essentiel pour elle. Pour l’avocat de l’AFVT, Me Guillaume Lys, c’est là "un pas important pour les victimes".