Belgique

C’était il y a quatre ans : Annemie Turtelboom (Open VLD), alors en charge de l’Asile et de la Migration, mettait un terme à l’enfermement des mineurs d’âge étrangers en séjour irrégulier. Depuis lors, ce sont 385 familles, pour un total de 694 enfants, qui ont été arrêtées à la frontière ou qui ont dû quitter la Belgique, et qui ont été placées en unités d’habitation ouverte. Elles y ont reçu un accompagnement sur mesure; 13 % d’entre elles ont obtenu le statut de réfugié; 47 % sont retournées, indiquent neuf organisations (Plateforme mineurs en exil, Service droit des jeunes, Ciré ) dans une évaluation de ces maisons de retour.

Les trois quarts des familles accueillies ne sont pas passées à la clandestinité, souligne le secteur associatif. "Leur accompagnement en unités d’habitation ouverte est aussi efficace et moins traumatisant pour les enfants que leur enfermement en centres fermés."

Les associations encouragent donc le gouvernement à investir dans les maisons de retour plutôt que de construire des centres fermés pour les familles. Dans les maisons de retour, les familles sont accompagnées par des "coaches". Malgré des moyens limités, ceux-ci ont fourni du bon travail ces quatre dernières années. Ils aident ainsi les familles dans le processus de deuil qu’implique leur procédure de retour et leur offrent un accompagnement sur mesure.

Dans les logements à petite échelle, les familles peuvent vivre en autonomie et préserver le rôle des parents, ce qui permet d’éviter les souffrances psychologiques rencontrées par les enfants en centres fermés, ajoutent les associations. Cette procédure d’accompagnement est aussi plus durable que lors d’un retour imposé sous plus de contrainte.

La secrétaire d’Etat Maggie De Block (Open VLD), qui a repris les compétences en matière d’Asile, qualifie d’ailleurs les unités d’habitation ouverte d’ "alternative valable pour l’organisation du retour de familles et pour l’accueil de familles à la frontière" . Il est dès lors surprenant que le gouvernement envisage la création d’unités familiales au centre fermé de Steenokkerzeel, relève le secteur associatif. "Le gouvernement serait mieux inspiré de continuer à investir dans des alternatives comme les maisons de retour que lui recommandent fortement les ONG."