Belgique

Alexandre Hart, l'un des cinq accusés de l'assassinat de Valentin Vermeesch, était-il sous traitement au moment des faits?

Si un neuroleptique lui était prescrit à cette époque, il a affirmé mardi matin, devant la cour d'assises de Liège, avoir cessé de prendre ce médicament, qui doit diminuer l'agressivité et l'impulsivité du patient, lorsque Valentin a été torturé et tué, dans la nuit du 26 au 27 mars 2017. Le Dipiperon est un médicament utilisé pour traiter des troubles de nature psychiatrique: il diminue l'agressivité et l'impulsivité du patient, a expliqué à la cour Corinne Charlier, toxicologue au CHU de Liège. "Si l'on arrête le traitement, son effet disparaît et l'on revient à la situation de base." Aucun effet rebond, soit une aggravation de l'agressivité, n'est constaté après l'arrêt du traitement, a-t-elle souligné.

Alexandre Hart a pris pour la première fois ce médicament à l'âge de 14 ou 15 ans, a-t-il expliqué à la cour. Quelques mois avant les faits, il avait consulté un médecin, à sa demande, se plaignant de sa trop grande nervosité. "Ça m'embêtait de m'en prendre toujours à ma mère. Ça se passait mal à la maison et ma mère m'avait dit que la prochaine fois, je ne pourrais plus revenir. J'ai donc décidé de prendre des médicaments pour éviter d'être trop nerveux", a-t-il expliqué. "J'ai finalement arrêté car je ne voulais plus être dépendant des médicaments. Le Dipiperon avait bien un effet mais je n'aimais pas être trop calme, ne pas être moi-même."

"Lorsqu'on interrompt le médicament, l'espèce de camisole chimique qu'il assure disparaît et on retrouve l'agressivité et l'impulsivité spontanée", a éclairé Mme Charlier. Il faut compter environ trois ou quatre jours pour que les effets disparaissent.

Belinda Donnay, qui vivait avec M. Hart depuis six mois au moment de l'assassinat de Valentin, a confirmé qu'Alexandre ne consommait pas de Dipiperon. "Il passait chez sa mère récupérer des boîtes mais n'en prenait pas", a-t-elle dit. Elle affirme n'avoir jamais vu Alexandre prendre ce médicament. "Il en prenait d'autres, dont j'ai oublié le nom."

"Cela n'a pas la moindre influence sur la culpabilité"

Après les faits, il a repris son traitement "pour ne plus faire des trucs comme ça". L'accusé est désormais traité par Dipiperon mais prend également des anxiolytiques. Selon Mme Charlier, cela n'influence toutefois pas le comportement de l'accusé. "S'ils sont pris de manière régulière, ces médicaments doivent stabiliser l'humeur et rendre la personne d'humeur plus égale et de comportement plus uniforme. Cela ne devrait donc pas avoir une grosse influence sur la manière de s'exprimer."

Une fois que le Dipiperon est administré, il faut compter trois semaines pour atteindre un état d'équilibre, a-t-elle encore indiqué.

Me Molders-Pierre, qui conseille M. Hart, a souligné que cette question des médicaments serait importante pour établir la peine qui sera infligée à son client. "Cela n'a pas la moindre influence sur la culpabilité", a-t-il insisté, ajoutant qu'Alexandre plaide coupable pour tous les chefs d'accusation. "La prise de médicaments par Alexandre depuis sa plus tendre enfance est une des explications" des agissements de l'accusé cette nuit-là, a-t-il avancé.

L'audience a été suspendue à 12h00. Elle reprendra à 14h00, avec les premières auditions de témoins des faits, dont l'une des connaissances des familles Vermeesch et Daniels à laquelle Dorian s'était confiée.