Belgique

Nacer Bendrer a "joué un rôle central, si ce n'est de fournisseur, au moins d'intermédiaire pour fournir les armes" de l'attentat commis le 24 mai 2014 au Musée juif de Belgique, a avancé devant la cour d'assises de Bruxelles jeudi un enquêteur français de la DGSI. Cette thèse s'appuie sur cinq éléments, a-t-il détaillé. Tout d'abord, Nacer Bendrer est "au cœur de la téléphonie de guerre" liée à ce dossier. Ensuite, l'enquêteur pointe son déplacement "à la commande" de Mehdi Nemmouche à Bruxelles du 10 au 12 avril 2014 et ses mensonges initiaux sur ce déplacement.

L'accusé avait dans un premier temps déclaré ne plus se souvenir de ce déplacement. Confronté au billet de train Marseille-Bruxelles en date du 10 avril, acheté pour lui par sa compagne, Nacer Bendrer a indiqué s'y être rendu pour "une histoire de voiture" pour le compte d'un carrossier, Mounssif Amassad, ce qui a été formellement démenti par ce dernier. "Je ne lui ai jamais demandé d'aller acheter une voiture ce jour-là, ni aucun autre jour. Il ment", avait déclaré aux enquêteurs M. Amassad, qui viendra témoigner devant la cour le 8 février, soit le même jour que Mounir Attallah.

"Le mensonge se poursuit"

Nacer Bendrer avait finalement admis avoir rencontré Mehdi Nemmouche à Bruxelles. Cependant, selon le policier français, "le mensonge de Nacer Bendrer se poursuit encore aujourd'hui", puisqu'il prétend être rentré en France le 11 avril alors que son GSM est encore localisé en Belgique le 12, selon l'enquête.

La venue du 24 au 29 avril 2014 de Mehdi Nemmouche à Marseille pour rencontrer Nacer Bendrer est également retenu, tout comme le fait qu'il gardait des armes au moment où il a été interpellé, le 9 décembre 2014. "On retrouve un stock d'armes et de munitions conditionnés pouvant caractériser une revente d'armes", a souligné l'enquêteur devant la cour.

Quant aux rapports entre les accusés, l'inspecteur estime que "Nacer Bendrer était davantage sous la coupe de Mehdi Nemmouche que l'inverse". Une observation qui avait également été faite par les gardiens de la prison de Salon-de-Provence où ils étaient en détention en 2009-2010.

Encore un juré absent

Le troisième juré au procès devant la cour d'assises de Bruxelles est grippé et n'est pas présent à l'audience, ce jeudi. La présidente a donc procédé à son remplacement par le premier juré suppléant. Depuis le début du procès, c'est le cinquième membre du jury qui doit être remplacé (quatre jurés effectifs et un suppléant).

Le jury ne compte donc plus que sept suppléants pour pallier l'éventuelle défection de l'un des 12 jurés effectifs.