Belgique

Un peu moins de la moitié de l'acte d'accusation a été lue, jeudi, au premier jour du procès de Mehdi Nemmouche et Nacer Bendrer devant la cour d'assises de Bruxelles. Les deux hommes comparaissent pour l'attentat commis au Musée juif de Belgique, le 24 mai 2014. La lecture de l'acte par le procureur fédéral et l'avocat général, objet principal de la journée, n'a commencé que dans l'après-midi.

Jeudi matin dès 9h00, après le remplacement d'une jurée effective par une suppléante pour raison familiale, la cour a entendu la demande de Me Henri Lacquay, conseil de Mehdi Nemmouche. Ce dernier a réclamé que la constitution de partie civile de l'association française des victimes du terrorisme (AFVT) soit déclarée irrecevable.

Selon l'avocat, qui a déposé des conclusions à ce sujet mercredi, l'association ne démontre pas un intérêt personnel à agir dans cette affaire. En d'autres termes, elle n'est pas une victime directe de l'attentat au Musée juif de Belgique, estime-t-il.

L'irrecevabilité devait en outre être ordonnée dès le début de procès, pour éviter que l'association ne pèse sur les débats avant d'être éventuellement écartée par la suite, a-t-il ajouté.

De son côté, l'AFVT a souligné qu'une récente loi avait formulé de nouvelles conditions concernant l'intérêt à agir d'une association dans une procédure pénale. Sa présence en tant que partie civile est dès lors justifiée par le fait qu'elle poursuit un intérêt collectif de lutte contre le terrorisme, a argumenté l'avocat de l'association, Me Guillaume Lys.

Après trois heures d'interruption, le procès a repris en début d'après-midi. La présidente Laurence Massart a finalement ordonné que la demande de la défense de Mehdi Nemmouche était "prématurée à ce stade de la procédure".

Me Lys a salué, dans une réaction auprès de l'agence Belga, "un pas important pour les victimes".

Le ministère public a ensuite entamé la lecture de l'acte d'accusation.

Durant trois heures environ, les magistrats fédéraux ont parcouru les 80 premières pages du document qui en compte 180.

Les faits survenus le 24 mai 2014, l'arrestation de Mehdi Nemmouche à Marseille, ses auditions, les deux mois qu'il a passés à Molenbeek avant la tuerie, les premiers témoignages de sa famille ou encore les contacts téléphoniques entretenus par l'accusé avec Nacer Bendrer et Mounir Attalah en avril 2014 ont été détaillés ce jeudi.

Vendredi, la lecture reprendra avec l'évocation du déplacement de Nacer Bendrer à Bruxelles peu avant l'attentat. Pour rappel, ce dernier est soupçonné d'avoir fourni à Mehdi Nemmouche les armes utilisées lors de la tuerie.

Revivez l'audience de ce matin grâce à notre journaliste Christophe Lamfalussy