Belgique Quatre cas d'euthanasie de patients souffrant de dépression majeure irréductible ont été déclarés en 2004-2005, ce qui constitue un "dangereux précédent", a relevé vendredi une asbl flamande active dans le soutien aux dépressifs.

Dans son dernier rapport transmis au parlement, la Commission fédérale de contrôle et d'évaluation de l'euthanasie note que, parmi les neuf euthanasies déclarées sur la période 2004-2005 pour affection neuro-psychiatrique, quatre cas concernaient des malades de dépression majeure irréductible. La loi a été respectée, indique la Commission.

La loi prescrit que toute personne souffrant d'une affection incurable résultant d'un accident ou d'une pathologique, et qui fait état d'une souffrance constante inapaisable et insupportable, peut demander l'euthanasie. Les quatre cas de malades de dépression majeure irréductible constituent, selon Netwerk Depressie Vlaanderen, un "dangereux précédent". "La porte de l'euthanasie est ouverte à des milliers de personnes dépressives et suicidaires pour qu'elles se donnent la mort en toute légalité", affirme l'asbl.

Le président de la Commission euthanasie, le professeur Wim Distelmans, souligne que ces quatre cas ont été extrêmement documentés. "Nous en avons discuté minutieusement. Cela reste une situation exceptionnelle, mais on peut en effet parler d'un précédent en ce sens que c'est la première fois que de tels cas sont déclarés", indique-t-il.

Pour l'asbl flamande, la dépression ne peut être considérée comme une maladie incurable. "On peut parler de souffrance psychique insupportable, mais souvent, c'est la thérapie de la dépression qui connaît de graves manquements", affirme-t-elle.

Le professeur Distelmans souligne la loi sur l'euthanasie ne spécifie nulle part qu'une "affection incurable due à une maladie" ne peut être une affection psychiatrique. "Il est cependant très difficile dans ces cas de déterminer si le patient a été guéri, s'il est capable et donc en état de demander lui-même l'euthanasie. Mais selon le rapport, il apparaît que ce peut bien être le cas", affirme Wim Distelmans.