Belgique

Le parquet général de Bruxelles a fait appel contre le jugement rendu le 12 décembre dernier dans le dossier des hébergeurs de migrants. Il conteste les acquittements des quatre citoyens et résident belges ainsi que les condamnations, a communiqué la Plateforme citoyenne, samedi après-midi. Pour Anouk Van Gestel, cette décision s'apparente à du "harcèlement".

En décembre dernier, le Tribunal correctionnel de Bruxelles acquittait trois citoyennes belges et un résident belge qui avaient hébergé chez eux des migrants. Ils étaient poursuivis pour "trafic d'êtres humains" et "organisation criminelle".

Les deux journalistes belges Myriam Berghe et Anouk Van Gestel avaient donc été acquittées ainsi que Zakia, une assistante sociale qui avait aidé des migrants, et Walid, un hébergeur Tunisien installé en Belgique depuis 17 ans et qui a fait huit mois de détention préventive. La présidente du tribunal avait souligné leur “engagement social fort”, leur “générosité extrême” et conclu que leur soutien humanitaire (hébergement, dons de nourriture, de vêtements, de cigarettes, accueil, etc.) ne les rendait pas complices de trafic d’êtres humains. En outre, il n’avait pas été prouvé que ces personnes avaient retiré un quelconque avantage patrimonial, ce qui constitue - selon la loi sur les étrangers - le caractère principal définissant le trafic d’êtres humains.

Au-delà de ces acquittements, précisons que les huit autres prévenus avaient été condamnés à des peines allant de 12 à 40 mois de prison, avec sursis pour certains.

"Aujourd'hui, nous apprenons que le Parquet Général de Bruxelles, par son Procureur Général Delmulle, a interjeté appel contre ce jugement parce qu'il conteste les acquittements", précise la Plateforme. "L'acte d'appel à été signé le dernier jour du délai légal. Alors qu'il s'agissait d'un jugement d'apaisement, rappelant que la solidarité n'est pas un crime, l''appel du Procureur Général, derrière lequel il est difficile de ne pas voir de pressions politiques, en revient à jeter de l'huile sur le feu de la mobilisation citoyenne qui n'en sera que d'autant plus forte. Nous restons plus motivés que jamais et rappelons que cette justice aveugle se trompe de combat en voulant punir la solidarité !"

"Nous sommes des otages!"

Lors du procès, le procureur avait réclamé l'acquittement de la journaliste Anouk Van Gestel et du résident belge Walid, le fait que le parquet général fasse appel du verdict est donc un rebondissement totalement inattendu. Contactée par La Libre, la journaliste et hébergeuse Anouk Van Gestel a fait part de sa réaction: "Je ne comprends pas, qu'ont-ils à gagner? Nous sommes les otages d'un jeu qui nous dépasse, sinon cela n'aurait aucun sens. Je le vis comme du harcèlement. J'ai envie de m'écrouler. Quelle injustice! Il n'y a rien contre nous, puisque nous n'avons rien fait d'illégal."