Belgique

Plus de 250 institutions professionnelles, de formation, de soins ainsi que des enseignants universitaires ou des hautes écoles ont écrit au Premier ministre Charles Michel pour lui demander de suspendre le vote de la loi de Maggie De Block sur la psychothérapie. Plusieurs des signataires ont déjà fait part à la ministre de la Santé de leur "stupéfaction" devant sa volonté de "considérer la psychothérapie comme un acte médical", supprimant ainsi la profession de psychothérapeute, écrivent-ils dans la lettre.

Ils "alertent" le Premier ministre sur cinq points, et notamment le fait que ce projet s'inscrit "dans une vision réductrice de la santé mentale", qui va réduire la qualité des soins au lieu de l'améliorer.

De plus, plaident les signataires, les courants psychothérapeutiques sont pourtant bénéfiques pour les patients, grâce à l'éventail des orientations possibles, qui "permet une offre de soins rendant possible un ajustement, le plus adéquat et le plus personnalisé, pour chaque patient". "Nous pouvons comprendre que ces différentes spécificités soient difficiles à comprendre pour qui n'est pas expert. Mais qu'elles soient effacées par le projet de loi nous semble incompréhensible et préjudiciable aux patients."

Ils déplorent encore la suppression d'une formation qui ne peut être donnée que par des praticiens chevronnés. Cela aboutira "à des situations ubuesques où des psychothérapeutes confirmés devraient obligatoirement être sous contrôle de quelqu'un ayant un diplôme médical", peut-on encore lire dans le courrier.

Un manque de transparence dans la rédaction du projet de loi est aussi dénoncé, avec "seule une partie des professionnels" entendue.

"Même s'ils sont importants et complexes, nous n'entrerons pas dans d'autres détails car à la lecture de ces quelque points, vous comprenez certainement pourquoi nous nous adressons dès lors à vous comme ultime recours puisque votre Ministre de la santé s'est montrée sourde à toute concertation", conclut la lettre.

Le projet de reconnaissance des psychothérapeutes de la ministre de la Santé prévoit que seuls les médecins, les psychologues cliniciens et les orthopédagogues cliniciens pourront à l'avenir proposer des séances de psychothérapie.