Belgique

C’est donc côte à côte qu’ils se sont présentés ce lundi au cabinet du ministre de l’Enseignement supérieur, Jean-Claude Marcourt (PS). On parle ici des représentants officiels de la Fédération des étudiants francophones (Fef), ainsi que de l’Union des étudiants de la Communauté française (Unecof).

Invitées par le cabinet du ministre socialiste pour une concertation officielle, les deux organisations estudiantines – qui représentent à elles deux près de 160 000 étudiants – ont ainsi fait part de leurs positions et présenté leurs revendications respectives dans le cadre de la réforme en cours relative au paysage de l’enseignement supérieur.

Pour rappel, le projet ministériel prévoit la mise en place d’une structure à trois niveaux comprenant : une Académie de recherche et d’enseignement supérieur (Ares) “chargée de la visibilité de notre enseignement supérieur sur la scène internationale” et du pilotage de l’ensemble des universités et hautes écoles concernées; cinq pôles géographiques (Paes) s’occupant des matières liées au sol, aux services et aux infrastructures; enfin, trois zones académiques dites “interpôles”, essentiellement focalisées sur l’aide à la réussite et pouvant rendre des avis sur les nouvelles habilitations dans l’enseignement supérieur de type court. Mais voilà, ça, c’est pour le premier volet du décret. Or, pour les étudiants, c’est précisément l’autre partie décrétale qui importe, soit celle relative à “l’organisation des études et au statut de l’étudiant”.

“Même si l’avant-projet de décret affirme avoir mis les étudiants au centre de la réflexion, de nombreuses questions-clés n’y sont pas abordées, comme le problème de la sélection des étudiants en première année – particulièrement en médecine – ou encore celui du financement, qui est exclu du débat”, a exposé ce lundi matin David Méndez Yépez.

Un “manifeste” en neuf commandements

Lors d’une rencontre avec la presse, le président de la Fef a ainsi présenté le “manifeste” de l’organisation qu’il représente, un document ventilé en neuf commandements “garants d’une qualité pour tous”. Dans l’après-midi, la fédération estudiantine a exposé ses revendications fortes et concrètes au cabinet du ministre Marcourt, dont voici les quatre principales.

1Des infrastructures et des services de qualité accessibles à tous les étudiants. “Les pôles doivent être avant tout une chose au service des étudiants. Nous refusons fermement toute forme de rationalisation”, a-t-on insisté dans les rangs de la Fef. Et de poursuivre : “C’est pourquoi, nous exigeons que chaque pôl e établisse un cadastre clair sur les manques, et sur les surplus des infrastructures (bibliothèques, restaurants universitaires...) et ce, six mois après sa création.”

Demande visiblement accordée par le cabinet du ministre Marcourt, qui a donné son accord à la mise en place d’un cadastre précis permettant de “faire un état des lieux” de la situation actuelle en matière d’infrastructures.

2Le rejet de toute forme de sélection. Véritable cheval de bataille des étudiants, la sélection quelle qu’elle soit – particulièrement en médecine humaine – demeure un point délicat de la négociation. “Nous n’avons toujours pas trouvé de terrain d’entente sur cette question”, nous a-t-on rapporté à l’issue de la rencontre.

3La mise en place de mécanismes d’aide à la réussite. Pour faire court, la Fef exige “un financement de l’aide à la réussite précis et harmonisé à la hausse pour permettre aux établissements de mener à bien leurs missions” . Des subventions seront créées à cet effet, “mais dans un autre cadre décrétal”, a-t-on prudemment répondu dans les rangs ministériels.

4Un financement de l’enseignement supérieur à la hauteur de ses besoins. “Nous refusons de séparer la réforme de l’organisation de l’enseignement supérieur de la question de son mode de financement”, a martelé David Méndez Yépez. Là encore, il semble que le président de la Fef ait été peu entendu par le cabinet du ministre, qui a confirmé son intention d’aborder ce point... dans un autre décret.

Vu l’issue peu concluante de la rencontre avec le cabinet Marcourt, une nouvelle concertation avec les étudiants est prévue le 5 mars prochain.

© La Libre Belgique 2013