Belgique

La riposte syndicale à l’accord de gouvernement Michel est prête. Après avoir consulté leurs instances ces lundi et mardi, les cinq plus hauts responsables syndicaux du pays (2 CSC, 2 FGTB, 1 CGSLB) se sont réunis mardi pour accorder leurs violons face à un projet de gouvernement qu’ils considèrent imbuvable, essentiellement en matière de pouvoir d’achat (saut d’index, modération salariale,…), de fins de carrière (recul de l’âge de la pension, réforme des prépensions, du crédit-temps,…) ainsi que d’attaques contre la sécurité sociale et des services publics.

Une dernière réunion de coordination est prévue ce mercredi matin, à l’issue de laquelle le front commun communiquera le programme officiel des prochaines semaines. Mais selon les échos qui sont déjà parvenus à "La Libre", le calendrier syndical devrait ressembler à ceci.

1. Information et mobilisation. D’ici la fin octobre, les syndicats vont surtout travailler à informer leurs militants et leurs affiliés sur les mesures contenues dans l’accord Michel Ier et leurs conséquences sur la vie de chacun, ainsi qu’à les mobiliser contre ces mesures. On pourrait dès lors assister à de brefs arrêts de travail sectoriels (par exemple dans l’enseignement les 22 et 23 octobre), justement en vue d’informer le personnel. Les actions plus spectaculaires commenceront après la Toussaint (il est toujours difficile de réunir du monde en période de congé scolaire). Ce qui n’empêchera pas quelques actions de moindre ampleur d’ici la fin du mois, comme la participation de la FGTB et de la CSC wallonnes à la manifestation de ce 17 octobre à Namur, à l’occasion de la journée mondiale contre la pauvreté, ou encore une action des jeunes FGTB contre "le gouvernement de droite dure" , le 24 octobre, à Bruxelles.

2. Manifestation nationale. Cette première action, symbolique, mais pour laquelle le front commun tentera tout de même de réunir une cinquantaine de milliers de militants, se tiendra à Bruxelles (sans doute entre la gare du Nord et la gare du Midi). La date n’est pas encore certaine : le vendredi 7 novembre tient la corde, mais ce pourrait être également le jeudi 6 ou le vendredi 14 novembre.

3. Grèves tournantes. La fin novembre et le début décembre seront consacrés à des grèves tournantes, sans doute par provinces. Programme potentiel : le lundi 24 novembre, grève dans les provinces d’Anvers, de Limbourg, de Liège et de Luxembourg; le 1er décembre, grève dans les provinces de Namur, Hainaut, Flandre orientale et Flandre occidentale; le 8 décembre, enfin, grève à Bruxelles et dans les deux Brabants. Si ces grèves n’étaient finalement pas organisées par provinces, elles le seraient par secteurs.

4Grève nationale . Ces grèves tournantes baliseront le chemin jusqu’à une journée de grève générale, le lundi 15 décembre, qui touchera tout le pays. Elle sera surtout axée sur la défense de la sécurité sociale et des services publics. Les cheminots, qui ne pourront pas participer à la manif nationale du 7 novembre à Bruxelles (il faut bien acheminer les militants syndicaux à Bruxelles), devraient débrayer à cette occasion. Nombreux embarras de circulation à attendre ce jour-là.

5 Actions tournantes. En fonction de l’évolution de la situation et de l’évaluation qu’en feront les syndicats, des actions tournantes (par province) pourraient reprendre à la fin de la trêve des confiseurs, dès le 5 janvier, et potentiellement pour dix semaines.

Si ce programme reste à confirmer, les échos en provenance des trois syndicats montrent en tout cas que l’opposition sera tout sauf anecdotique. Pour eux, le gouvernement fédéral compte tout simplement détruire le modèle social belge. "Charles Michel a beau dire à la Chambre qu’il accorde de l’importance à la concertation sociale , résume un responsable de centrale, nous n’accepterons pas de négocier sur des détails. S’il ne fait pas demi-tour sur certaines mesures (pensions, pouvoir d’achat,…), si l’équilibre général de l’accord de gouvernement ne change pas, nous n’irons pas négocier avec ce gouvernement. Son programme est un programme d’affrontement. Nous allons connaître des mois d’épreuve de force."