Belgique

Des images d’étudiants dénudés, des gros plans sur des parties intimes et parfois même de courtes vidéos prises durant des ébats. Il suffit de quelques clics pour que n’importe quelle personne munie d’un smartphone puisse y accéder. Ces images pornographiques sont diffusées par des étudiants sur le groupe Snapchat relié à la communauté de leur université. L’application mobile permet de poster des photos ou vidéos de maximum dix secondes de façon anonyme avant de disparaître. Des étudiants s’en prennent à coeur joie durant la période de blocus.

Des images NSFW pas si éphémères que cela

Dans le flux d’images postées, des photos banales de jeunes en pleine étude. Parmi ces images anodines se cachent parfois des contenus à caractère pornographique. Ceux-ci sont pour la plupart annoncés avant leur diffusion par un message qui s’affiche sur l’écran de l’utilisateur: “Le prochain snap est Not Safe For Work (NSFW) - Pas adapté pour le travail”. Comprenez par là qu’il vaut mieux cacher votre écran pour ne pas être vu.

Bien que le principe de Snapchat veuille que les images ou vidéos n'apparaissent qu’une dizaine de seconde sur l’écran du téléphone, il suffit à l’utilisateur d’appuyer simultanément sur une combinaison de touches pour capturer l’instant et ainsi enregistrer l’image dans son téléphone.

© Printscrren Spanchat

Pour Emeline, étudiante en droit de 20 ans, la pratique n’est pas choquante. “Je pense que les gens sont conscients de ce qu’est Snapchat. Et puis, ils sont à l’université, ils sont généralement majeurs. C’est leur problème. Il ne faut pas oublier que le phénomène n’est pas nouveau, même s’il prend de l’ampleur avec ce genre de groupe. Avant, on recevait des images coquines sur les conversations Facebook ou par Skype”.

Les dérives sous-jacentes

L’utilisation de ces groupes Snapchat entraîne d’autres dérives. Il arrive en effet que des personnes photographiées à leur insu se retrouvent dans le flux d’images, “la story” du groupe, et cela durant 24h. Certains petits blagueurs n’hésitent d’ailleurs pas à afficher le numéro de GSM de la personne photographiée et cela, sans son autorisation.Guillaume, 22 ans, en a déjà fait les frais. “Une amie, qui savait que j’étais célibataire m’a fait une mauvaise blague. Lorsqu’elle m’a photographié en cachette, elle en a profité pour glisser mon numéro de téléphone qui est resté visible durant 24 heures. Résultat: j’ai été inondé de messages en tout genre”, explique-t-il.

© Printscrren Spanchat

Amandine a quant à elle pu constater que les contenus diffusés sur le groupe de l’Université catholique de Louvain-la-Neuve (UCL) ont radicalement changé de teneur. “Au début, c’était un chouette groupe. Les photos étaient drôles. Cela me faisait rire. Mais cela a très vite changé et au final, j’étais choquée de tomber sur des photos de poitrines voire pire...”.