Belgique

Le tour-opérateur Thomas Cook a indiqué lundi, dans les journaux Het Belang van Limburg et Gazet van Antwerpen, être en faveur d'un étalement des périodes de vacances scolaires entre la Flandre et la Wallonie. D'après Thomas Cook, "tout le monde y gagnerait, aussi bien le secteur du voyage que les consommateurs." Le tour-opérateur Jetair, de son côté, n'est pas convaincu du bien-fondé de la mesure et "n'a pas l'intention d'entreprendre des actions en ce sens", indique-t-il dans un communiqué. Le nombre de départs vers les pays voisins augmente durant les vacances scolaires. Cette hausse de la demande fait monter les prix. Pour le porte-parole de Thomas Cook, Baptiste van Outryve, un étalement des périodes de vacances scolaires entre la Flandre et la Wallonie permettrait d'avoir une offre plus large de départs dans le temps et donc plus intéressante pour le client belge.

Pour Jetair, "un étalement pourrait réduire la pression sur certaines capacités hôtelières et aériennes. Mais l'impact d'une telle mesure n'est pas encore prouvé aujourd'hui et doit encore être étudié." Jetair, qui reconnaît l'avantage d'un étalement des vacances dans de grands pays comme la France ou l'Allemagne, rappelle que ces marchés ne sont pas comparables à la situation belge. En outre, Jetair estime qu'une telle division des vacances pourrait poser des problèmes aux familles recomposées bilingues, où un enfant est dans l'enseignement flamand et l'autre dans le système francophone.

"Nous sommes prêts à mettre un groupe de travail en place", indique pour sa part le président de l'association des tours opérateurs belges (ABTO), Claude Pérignon. "Mais il faut d'abord que Thomas Cook mette ça à l'agenda de l'ABTO." Pour Claude Pérignon, tous les secteurs concernés doivent être consultés, et "il faut également analyser cette idée et voir quel pourrait être son impact. Actuellement il n'y a pas eu d'étude sur une éventuelle baisse des prix que cela pourrait entraîner pour le consommateur."

"Il ne faut pas forcément changer les vacances entre le nord et le sud"

Le porte-parole de Thomas Cook, Baptiste Van Outryve, précise à l'agence Belga lundi que l'étalement des périodes de vacances ne doit pas être forcément issu d'une scission entre la Flandre et la Wallonie. "Il faut entamer une discussion avec tous les secteurs, pas seulement le politique et le secteur touristique. En revanche, ça ne doit pas forcément être une scission entre le nord et le sud", indique-t-il. "En France il y a trois régions, mais si on prend la région A, on voit des départements du nord et du sud de la France", explique Baptiste Van Outryve, pour qui il faut prendre en compte les problèmes de mobilité dans la discussion. "On pourrait voir, par exemple, une zone avec la province de Liège, le Limbourg et les deux Brabants, et une zone avec les Flandres orientale et occidentale et le Hainaut. Ce ne doit pas forcément être des zones linguistiques."

Thomas Cook propose donc de voir comment une telle mesure peut être mise en place, en concertation avec tous les secteurs et tous les acteurs potentiellement concernés.

L'Unizo modérément positif, le SNI juge utile d'examiner la proposition

L'association flamande des indépendants Unizo a accueilli avec prudence la proposition du tour-opérateur Thomas Cook d'étaler les périodes de vacances scolaires. Si la proposition a l'air acceptable pour les secteurs de l'horeca et de la distribution, l'Unizo veut que tous les secteurs concernés soient consultés. De son côté, le Syndicat neutre pour indépendants (SNI) juge utile d'examiner cette proposition, mais demande également une concertation avec tous les secteurs. "Le même nombre de personnes fera ses achats durant les vacances, mais ça pourrait se faire sur une période plus longue. Ce serait donc plus calme pour les commerçants et pour les clients", explique la porte-parole de l'Unizo, Sanderijn Vanleenhove, qui souligne que cette mesure aurait un impact sur l'enseignement et sur l'industrie mais pourrait être un avantage pour l'horeca. "Pour les vacances de carnaval, un même hôtel pourrait être réservé à deux reprises."

"Pour l'horeca, il y aurait moins de périodes de sur- et sous-occupation, et cela ne sera pas uniquement favorable pour le secteur, mais également pour le consommateur", indique le SNI, qui estime que si l'idée est à prendre en considération, "une étude approfondie et des dialogues avec les secteurs concernés seraient nécessaires."

"Si on part sur une base provinciale, ça peut poser un problème pour les personnes résidant dans une autre province que leur entreprise", explique Sven Nouten, porte-parole du SNI. "Il faut que ce soit des régions assez grandes comme en France, afin d'éviter au maximum les problèmes logistiques."