Belgique

Voilà qui devrait rassurer nos voisins allemands. Comme le révèlent nos confrères de la Dernière Heure, Tihange 1 connaît depuis quelques jours une série d’avaries qui posent problème à Engie-Electrabel. Depuis la mi-septembre, Tihange 1, tout comme le réacteur numéro 3, est à l’arrêt.

"La centrale est à l’arrêt suite à des travaux de génie civil. Ces travaux obligatoires ont endommagé un bâtiment. Ce bâtiment contient des éléments de secours", explique-t-on chez Engie-Electrabel.

Or ce matériel de secours doit être accessible à tout moment. "Tihange 1 devrait redémarrer le 30 novembre, ajoute la porte-parole du fournisseur d’énergie. Cette date est une estimation, la plus réaliste possible." Ça, c’est pour la version officielle.

Il faut dire que ce problème de génie civil a de quoi prêter à sourire. En fait, Electrabel doit réaliser des travaux à Tihange suite à la prolongation de la centrale pour dix années supplémentaires.

Et dans le cadre de ces travaux, 5 camions de béton devaient être coulés dans une partie non nucléaire de la centrale, c’est au bout du 23e camion que les travaux ont été arrêtés. La structure du bâtiment d’à côté ayant été endommagée… 18 camions de béton en trop, "c’est une performance", sourit Damien Ernst, professeur à l’ULg.

À Doel, deux réacteurs sur quatre sont également à l’arrêt, ce qui fait qu’en Belgique, seuls trois réacteurs sur les sept sont actuellement en activité. "En France, 23 réacteurs sont à l’arrêt en plus". Les prix du marché de l’énergie dans le hub belge sont au maximum, soit 70 €/MWh. De quoi gonfler votre facture d’électricité ou provoquer un black-out ? "Non, rassure-t-on chez Engie. Il faudrait que cette hausse soit plus durable mais des pics comme aujourd’hui n’ont pas d’influence sur la facture."

Le black-out non plus n’est pas d’actualité.

À l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN), on garantit que ce problème n’engendre aucun risque.

Depuis, d’autres écarts ont eu lieu par rapport à la conformité, comme le dit le jargon. "On a effectivement constaté la semaine passée que trois actions ne s’étaient pas déroulées suivant les règles techniques obligatoires. Ce n’est pas acceptable. Nous avons directement émis un rapport, en toute transparence et nous l’avons transmis à l’AFCN. À l’agence d’en évaluer le risque."

Aucune de ces bévues n’aura d’incidence sur la sûreté nucléaire, nous assure-t-on. Il n’empêche que cela fait beaucoup en peu de temps.


Jean-Marc Nollet, d éputé fédéral Ecolo:  "L’occasion à saisir"

"J’ai été mis au courant du problème et j’ai tout de suite décidé d’interroger la ministre à ce sujet. Je n’ai pas encore eu la réponse. L’occasion de s’affranchir de Tihange ? Oui, c’est l’occasion à saisir. Mais le gouvernement et la ministre Marghem ne prendront jamais cette décision car cela reviendrait à aller dans le sens d’Ecolo…"


Damien Ernst, p rofesseur en matière d’énergie à l’ULg:  "Bonjour le portefeuille"

"Sur les 58 réacteurs français, 23 étaient à l’arrêt ou en service réduit, soit 40 % de la flotte française. À cela s’ajoute le fait qu’en Belgique, la flotte nucléaire génère juste 2.500 MW sur les 6.000 MW de nucléaire installés. Cet arrêt a provoqué une hausse des prix sur les marchés de gros. On est pour l’instant à plus de 60 euros/MWh, contre 30 euros/MWh il y a juste quelques mois. Bonjour le portefeuille si la situation ne s’améliore pas rapidement."