Tracteurs et camions en rue

St. Bo. et V.S. Publié le - Mis à jour le

Belgique

Bruxelles s'apprête donc à vivre ce mercredi une journée de fièvre sociale et de sacrés problèmes de mobilité. En cause, pour les derniers distraits, une double manifestation : celle des producteurs de lait et celle des routiers. A chaque fois, la flambée des prix pétroliers et ses conséquences sur la rentabilité des activités de ces deux corporations ont été les détonateurs de ces mouvements sociaux. Des agriculteurs et des transporteurs qui adressent au gouvernement Leterme une série de revendications. Du côté des transporteurs, la principale d'entre elles porte sur l'introduction d'une clause "automatique, légale et obligatoire" permettant de répercuter sur les clients la hausse des prix du diesel. Là où cette répercussion s'effectue aujourd'hui via une négociation commerciale entre le transporteur et son client.

Ce mercredi, entre 10 heures et 16 heures, la capitale sera donc envahie par les tracteurs - un millier ? - et par des poids lourds qui devraient être au nombre de 200. Pour rappel, seule l'UPTR - l'Union professionnelle du transport et de la logistique - est mobilisée, contrairement à la Febetra, l'autre grande fédération professionnelle du secteur routier qui estime que "des manifestations ou des actions musclées ne feront pas avancer les choses, que du contraire, elles ne feront qu'entacher l'image de marque du secteur routier".

Inutile de dire que ce sera donc la pagaille dans la capitale ce mercredi, même si les transporteurs n'agitent pas - encore ? - la menace d'un blocage durant plusieurs jours des grands axes routiers du pays, comme ce fût le cas en 2000.

L'accès à Bruxelles en voiture est donc "fortement déconseillé". A la SNCB, pas de dispositif particulier par rapport à un jour "normal", même si on souligne que "l'on pourra s'adapter en fonction des circonstances mais en tenant compte de nos moyens". Du côté de la Stib, on conseille aux usagers d'utiliser prioritairement le métro. "En surface, une vingtaine de lignes de bus et de tram (lignes 64, 71, 94...) sont susceptibles d'être perturbées", explique An Van Hamme, porte-parole de la Stib. "La situation sera réglée en temps réel", ajoute-t-elle. Si ordre de police il y a, certaines stations de métro pourraient ainsi être fermées, en fonction de l'avancement des manifestants, comme ce fut le cas il y a peu lors de la manifestation des pêcheurs dans la capitale.

Difficile évidemment à ce stade d'évaluer le coût économique de ce double mouvement social. "Tout dépendra évidemment de ce que feront les agriculteurs et les transporteurs. Mais il est évident que s'ils décident de bloquer tous les axes routiers vers Bruxelles, ce coût économique pourrait être assez important", souligne-t-on prudemment du côté de la FEB, la Fédération des entreprises de Belgique.

Du côté des grandes entreprises, et comme ce fût le cas lors de la dernière grève de la SNCB, il y a fort à parier que de nombreux salariés pratiqueront le télétravail ou prendront un jour de congé. Il ne serait guère étonnant également que certains se fassent porter pâles...

Les taxis aussi

Trois associations de chauffeurs de taxis bruxellois, l'Association des taxis bruxellois (ATB), Brussels taxis unified (BUT) et l'Union des taxis bruxellois (UTB) manifesteront également ce mercredi à Bruxelles pour protester contre la hausse des prix du carburant. Les chauffeurs de taxis entendent "dénoncer la hausse effrénée des prix du carburant ainsi que la diminution sensible du pouvoir d'achat du secteur", indiquent l'ATB, BUT et l'UTB. Le cortège des taximen, qui précédera la manifestation des routiers, démarrera mercredi à 9 h 45 du boulevard Poincarré avant d'emprunter la petite ceinture jusqu'à la place Rogier et de se disloquer au boulevard Roi Albert II.

St. Bo. et V.S.

A lire également

Ailleurs sur le web

Les + consultés de la semaine

cover-ci

Cover-PM

Facebook