Belgique

L'Union syriaque européenne avait envoyé le 11 octobre 2018 une lettre datée de Bruxelles à une centaine de personnes pour les avertir des pratiques d'un "gang" qui était intervenu dans la réinstallation en Belgique de chrétiens originaires de Syrie. Le co-président et le responsable pour les affaires étrangères de l'"European Syriac Union" évoquent les agissements de 6 personnes venant de Belgique qui demandaient de 3.000 à 14.000 euros à des chrétiens de Syrie "pour leurs services".

"L'une de ces personnes travaille avec un membre du parlement belge que nous pouvons nommer. Cette activité est criminelle et doit être rapportée à la justice. Mais il y a encore une question: pourquoi le consulat général de Belgique (au Liban, ndlr) travaille avec ce 'gang'?" écrivent-ils.

"C'est un scandale et cela doit stopper immédiatement", ajoutent-ils.

Un reportage de la VRT a mis au jour les agissements d'un conseiller communal de la N-VA à Malines, Melikal Kucam, dans la réinstallation en Belgique de chrétiens fuyant la Syrie. L'homme a été arrêté dans le cadre d'une enquête pour trafic d'êtres humains, organisation criminelle, corruption passive et extorsion, menée par la police judiciaire fédérale.

Le suspect s'était fait connaître au sein de la communauté syriaque et aurait "joué un rôle crucial dans la manière dont les visas humanitaires ont été accordés dans le cadre du 'couloir humanitaire' mis en place pour les chrétiens de Syrie et d'Irak".

"Je demande que toute la lumière soit faite. Comment se fait-il qu'un trafic aussi sordide ait pu se produire? Peut-on vraiment croire que l'ancien secrétaire d'Etat à l'Asile, Theo Francken, n'était pas informé? Plus globalement, il y a une responsabilité politique de tout le gouvernement. Pourquoi cette responsabilité a-t-elle été laissée aux mains du seul Theo Francken?", a demandé le député Georges Dallemagne (cdH) qui a recueilli des témoignages sur ces abus au sein de la communauté syriaque.

Le Premier ministre, Charles Michel, et la ministre en charge de l'asile, Maggie De Block, seront interrogés ce jeudi après-midi à la Chambre.