Belgique

Fin 2016, l’entreprise New Fusion de Malines annonçait qu’elle allait placer une puce électronique RFID (identification par radio fréquence) dans les mains de huit travailleurs volontaires. C’est désormais chose faite. L’objet, pas plus grand qu’un grain de riz (1 cm de long pour 1 millimètre d’épaisseur), leur permet d’ouvrir les portiques de la société mais également d’activer leur ordinateur.

Le Conseil national du travail est saisi

L’implantation de puces sous la peau des travailleurs pose cependant la question du respect de la vie privée ainsi que celle de la santé publique. En effet, en acceptant d’être "pucé", l’employé volontaire est traçable en permanence et voit ses moindres faits et gestes analysés. La puce pourrait également se décrocher et circuler dans le corps de l’employé - ce qui n’est pas sans danger pour ce dernier. C’est du moins ce que pense Ecolo, qui qualifie le placement des puces de "précédent inquiétant".

Le député Georges Gilkinet (Ecolo) a interpellé le ministre de l’Emploi, Kris Peeters (CD&V). Lequel a semblé partager le point de vue des verts. Il a en tout cas annoncé son intention de demander, dès ce mercredi, l’avis du Conseil national du Travail (CNT) sur le sujet - avant d’établir un éventuel cadre législatif pour cette nouvelle pratique.

Pour Georges Gilkinet, "la réaction de Kris Peeters est très tardive, mais a le mérite d’exister. L’innovation est essentielle pour capter les emplois du futur, mais elle ne peut se développer au détriment des travailleurs et doit s’inscrire dans un cadre éthique strict. L’employé est en effet traçable à tout moment, par exemple lorsqu’il va fumer une cigarette ou quand il se rend aux sanitaires."

Kris Peeters estime lui-même que, compte tenu du fait que la Cour européenne ne s’est pas encore prononcée sur les puces implantées aux travailleurs, "rien n’exclut qu’elle puisse conclure à la violation de l’article 8, qui porte sur le droit au respect de la vie privée, ou de l’article 3, relatif au droit à l’intégrité physique, de la Convention européenne des droits de l’homme s’il existe le moindre doute quant à la liberté de consentement du travailleur vis-à-vis de l’implant lui-même ou de ses finalités dans le cas d’une généralisation éventuelle du système".

La santé des travailleurs en danger

Placer cet objet électronique de petite taille sous la peau ne serait pas anodin. Le ministre de l’Emploi a en effet annoncé, lors de sa réponse au député Gilkinet, que le placement de l’objet pouvait entraîner des risques pour la santé. "Selon la Food & Drug Administration, la personne concernée pourrait présenter des réactions de rejet de la puce sous la forme d’infection ou de réactions allergiques. La puce pourrait être installée de manière incorrecte, se détacher et circuler dans le corps", s’est-il inquiété.

Le Conseil national du travail devrait rendre son avis dans le courant du mois de juin. Il s’agit d’un simple avis pour le ministre Peeters qui ne devra pas s’y conformer.