Belgique

C’est la deuxième fois en moins de six semaines. Après l’attaque d’une bijouterie à Uccle qui s’était soldée par la mort d’une automobiliste le 5 mars dernier, un nouveau braquage contre une bijouterie s’est terminé dans le sang lundi après-midi à Ixelles. Et, à nouveau, c’est dans une artère commerçante très fréquentée de la capitale et en plein jour que les faits ont été commis. Un bijoutier, bien connu dans le quartier, a été tué tandis qu’un de ses proches a été blessé par balle. Les deux malfaiteurs, dont un a également été touché, ont pu être interpellés rapidement dans les environs.

Le quartier de la porte de Namur à Ixelles est bien connu des cinéphiles bruxellois et des amateurs de culture africaine. Ses trottoirs, bordés de nombreux commerces et de galeries, sont arpentés chaque jour par des milliers de personnes.

La bijouterie City Tex est située à l’entrée de la chaussée de Wavre. Elle est gérée par un bijoutier d’origine géorgienne âgé d’une soixantaine d’années. Lundi vers 13h40, deux hommes armés ont fait irruption dans sa boutique et l’ont menacé. Pour une raison encore inexpliquée, ils ont tiré sur le bijoutier. Un membre de la famille du bijoutier, qui exploite une boutique toute proche et qui a entendu une ou plusieurs détonations, est intervenu et aurait tenté de s’interposer. Il a été atteint d’une ou plusieurs balles.

Des riverains ont entendu les coups de feu et ont vu deux personnes armées prendre la fuite à pied. Deux passants les ont pris en chasse. Non loin du palais royal, situé à quelques centaines de mètres de la bijouterie, il sont parvenus à rattraper un des deux fuyards qui, épuisé, venait de se débarrasser de son arme de poing. L’homme a été remis à la police qui a capturé le deuxième auteur présumé. Un de ces deux malfaiteurs a été blessé par balle.

La police et les secours se sont rendus rapidement sur place. Ils n’ont pas pu sauver le bijoutier qui n’a pu être ranimé et a succombé à ses blessures sur place. Le membre de sa famille, qui, selon des informations non confirmées, serait son fils, touché par balle, a été hospitalisé.

Lundi soir, les circonstances de cette attaque n’étaient pas encore totalement éclaircies. Le parquet de Bruxelles est descendu sur place, accompagné entre autres d’experts en balistique. Ils devront notamment déterminer qui a tiré les coups de feu. Car, comme l’indique le commissaire Christian De Coninck, porte-parole de la police de Bruxelles-Ixelles, la police n’a pas fait usage de ses armes. Ce ne sont donc pas des policiers qui ont blessé un des deux malfaiteurs.

Cette attaque a causé un grand émoi dans ce quartier, bien connu des Bruxellois sous le nom de Matonge, du nom d’un quartier de Kinshasa, en raison de la présence d’une importante communauté congolaise. Quelques heures après les faits, des barrières empêchaient toujours d’entrer dans le périmètre où s’affairaient les enquêteurs tandis que dans la galerie toute proche, la vie avait tant bien que mal repris son cours.

Ce braquage mortel interpelle car il survient un peu plus d’un mois après celui qui s’était produit à Uccle, le 5 mars dernier. Les deux auteurs avaient tabassé le malheureux bijoutier avant de lui subtiliser son arme. Quelques minutes plus tard, les deux malfrats, arrivés à pied, tentaient de s’emparer d’une voiture pour s’enfuir. Au cours du car-jacking, la conductrice, Frédérique Levêque, 46 ans, mère de trois enfants, avait succombé d’une balle dans la tête au feu rouge de l’avenue Brugmann.