Belgique

L’ouverture de salles de consommation de drogue à moindre risque, qui existent déjà dans sept pays européens, reste jusqu’ici interdite en Belgique. Parce que l’Article 3 de la (vieille) loi de 1921 sur les stupéfiants pénalise la facilitation de l’usage en procurant un local. Le bourgmestre de Liège, Willy Demeyer (PS), également sénateur, vient de déposer une proposition de loi visant à lever cet obstacle légal. Il présentera son texte, ce mardi.

Comme toutes les grandes villes, Liège est confrontée à la présence de toxicomanes qui ne peuvent ou ne veulent plus décrocher de leurs produits. Le mayeur de Liège, pragmatique, estime que les salles de consommation à moindre risque font partie intégrante d’une stratégie de traitement de réduction des risques, comme les comptoirs d’échanges de seringues et les traitements de substitution aux opiacés (méthadone).

A l’étranger, ces locaux mis à disposition des toxicomanes pour s’injecter ou inhaler leur drogue dans les meilleures conditions sanitaires possibles ont fait leurs preuves en matière de réduction des risques.

Plus d’overdoses fatales

L’environnement médicalisé permet d’abord d’éviter la survenue d’overdoses fatales. Les toxicomanes ont aussi à disposition des seringues et autres matériels stérils, ce qui permet de réduire les infections et autres complications (abcès, endocardites…), ainsi que les comportements qui menacent de transmettre le virus du sida ou l’hépatite C.

La présence, au cœur des grandes villes, de salles de consommation à moindre risque entraîne aussi une diminution des nuisances associées à l’usage des drogues dans les lieux publics et semi-publics. Comme "les scènes ouvertes" : des toxicomanes s’injectent ou inhalent sur la voie publique, au vu et au su de tous. On retrouve des seringues, du matériel de fumette et d’autres résidus de produits abandonnés sur la voie publique.

Offre complémentaire

Les salles de consommation n’ont pas la prétention d’apporter une réponse à l’ensemble des problèmes qu’on rencontre en matière de toxicomanie, souligne le sénateur bourgmestre de Liège. "Elles viennent plutôt s’ajouter comme un complément spécifique aux autres offres des réseaux d’aide et de soins."

Willy Demeyer y voit des avantages certains pour les toxicomanes concernés. La présence d’infirmières et d’assistants sociaux, qui peuvent fournir des informations et des conseils de prévention, voire orienter les personnes vers des structures adaptées, favorise le maintien du lien social et limite les situations d’exclusion (totale). Les consommateurs de drogues les plus marginalisés pourront y trouver un accès à l’information sur les thérapies existantes dont ils n’ont parfois pas connaissance.