Belgique

La commission spéciale sur les abus sexuels a entamé ses travaux dans une sérénité certaine, mercredi à la Chambre.

Tant mieux ! Cet aréopage de treize députés aux allures studieuses et réfléchies devrait permettre d’examiner, avec le sérieux et le recul qui conviennent, une problématique qui suscite naturellement toujours beaucoup d’émotions. La présidente Karine Lalieux a bien fait de préciser une fois encore - elle l’avait déjà fait dans "La Libre" - que l’objectif de la commission spéciale n’est nullement de faire le procès de l’Eglise catholique, mais de voir à partir des dérives commises par une minorité de clercs au sein de cette institution comment il y a, éventuellement, pu y avoir des dysfonctionnements qui ont porté préjudice aux victimes, mais aussi à toute la société belge en général à travers certaines dérives de la justice cette fois.

Le changement de dénomination de la commission spéciale n’a donc rien de cosmétique : en son sein, il y a des laïcs affirmés mais aussi des chrétiens, et pas uniquement dans les partis qu’on croit, à l’image du reste de l’évolution des piliers dans notre pays.

Loin de toute surenchère religieuse ou philosophique, le travail concret de la commission qu’épauleront en permanence deux grands formats connaissant le monde judiciaire et celui des victimes, en l’occurence les professeurs Paul Martens (université de Liège) et Ivo Aertsen (KU Leuven), porte l’espoir d’une avancée décisive pour un dossier qui empoisonne somme toute la Belgique depuis près de 15 ans...