Belgique

Bien que l'exécutif des musulmans de Belgique a repris le mois dernier la gestion de la Grande Mosquée du Cinquantenaire, c'est encore un imam formé à Médine, ne parlant qu'arabe et payé par les autorités saoudiennes qui y mène la prière du vendredi, selon l'imam belge Nordine Taouil.

La commission d'enquête parlementaire sur les attentats de Bruxelles avait recommandé de mettre fin à la convention qui liait depuis 1969 le Centre islamique et culturel de Belgique (CICB) et la Grande Mosquée de Bruxelles.

Selon le rapport, le CICB, fort proche de l'Arabie saoudite, y répandait en effet le salafisme wahhabite.

Vendredi dernier, lors de la première prière du vendredi supervisée par l'exécutif des musulmans, c'est toutefois toujours un imam formé et payé par l'Arabie saoudite, et ne s'exprimant qu'en arabe, qui a livré la prêche devant les fidèles, d'après Nordine Taouil.

Selon lui, cette situation est due au fonctionnement interne de l'exécutif des musulmans où des organisations marocaines et turques noueraient des accords secrets non soutenus par la communauté des musulmans.

M. Taouil, qui a fondé avec l'imam gantois Brahim Laytouss le Centre culturel islamique de Belgique (CCIB), était lui-même candidat pour la gestion de la Grande Mosquée. C'est toutefois l'exécutif qui a été retenu, mais à titre provisoire seulement.

Interrogé dimanche, le cabinet du ministre de la Justice, Koen Geens, compétent pour les cultes, n'a pas démenti les affirmations de Nordine Taouil, précisant toutefois que la Grande Mosquée était en phase transitoire.

"Une ASBL sera créée à l'avenir et servira de coupole pour l'exploitation de la mosquée, de son école coranique, et à l'avenir, l'institut de formation pour les imams", selon le cabinet du minitre. "Il appartient maintenant à la communauté musulmane de Belgique de faire de la Grande Mosquée un succès".