Belgique

En dehors de l’institutionnel, c’est le dossier qui aura retenu l’attention en 2010. Pendant des mois, à intervalles réguliers, est revenue sur les tapis gouvernemental et parlementaire la question de l’asile et de l’immigration, sur fond d’opposition gauche-droite et de divergence Nord-Sud. En particulier l’hébergement des demandeurs d’asile, obligation que l’Etat belge, confronté à un flux migratoire soutenu a eu beaucoup de mal à rencontrer cette année. Mais que se passe-t-il une fois que le demandeur devient réfugié politique, que son dossier a été accepté par l’Etat ? Et bien le "réfugié reconnu", n’est, le plus souvent pas au bout de ses peines. Il lui faut s’adapter, trouver logement, travail, s’installer, s’intégrer d’une manière ou d’une autre.

Après un parcours éprouvant entre son pays d’origine et la Belgique et une procédure longue et compliquée, il n’est pas rare que le réfugié, s’il ne trouve pas gîte et réconfort dans sa communauté comme beaucoup cherchent à le faire, soit livré à lui-même. "Il ne faut pas oublier que ces personnes jouissent des mêmes droits que n’importe quel Belge", rappelle Anne Dussart, responsable d’un nouveau programme de soutien chez Caritas International. Et visiblement, il n’est pas évident pour un réfugié politique de profiter pleinement et rapidement de ces droits. Chez Caritas, on épaule ceux qui ont trouvé l’asile alors qu’ils sortent des centres fermés depuis une bonne année. Un projet qui vient de recevoir un nouveau financement du Fonds européen pour les réfugiés (FER), coordonné par Fedasil. L’objectif est toujours le même : "lancer" le réfugié politique dans la société belge.

Première étape, trancher un serpent qui se mord la queue : pour obtenir un revenu d’intégration (CPAS), il faut un domicile et pour payer un loyer, il faut un revenu. "Nous travaillons avec des propriétaires sympas, il nous faut des logements décents à bas prix, indique Anne Dussart . Pour ce qui est de la recherche d’un logement, il est préférable d’avoir une personne de référence. Les personnes que nous suivons ne parlent pas bien une des langues nationales et sont souvent mal reçues par les propriétaires, il faut combattre les amalgames entre demandeurs d’asile, sans-papiers, réfugiés Il y a beaucoup de méfiance. Et puis, vient la question de la garantie locative; pour cela, nous proposons des prêts " Caritas travaille également avec des congrégations religieuses, des auberges de jeunesse.

Trouver un logement correct à un réfugié politique peut prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois. C’est surtout extrêmement difficile pour les familles. Outre l’aide au logement, l’association assure une guidance pour aider ces personnes à se former, à trouver des cours de langue adéquats. Mais aussi un accompagnement psychologique. Il n’est pas évident pour un Irakien ou un Guinéen de s’adapter à la vie européenne et à ses dédales administratifs. Le déracinement, le fait d’être loin de ses proches ne sont pas toujours faciles à gérer, surtout une fois la procédure de demande d’asile, qui mobilise toutes les énergies pendant des mois, se termine.

Bref, le travail ne manque pas et Caritas, qui suit une bonne centaine de réfugiés depuis 2009 ne manquera pas d’user toute l’aide financière apportée par l’Union européenne. Cette année, le FER a octroyé quelque quatre millions d’euros à la Belgique pour sa politique d’accueil des réfugiés reconnus et des demandeurs d’asile. L’agence fédérale pour les demandeurs d’asile a sélectionné plusieurs dizaines d’initiative afin de partager ces moyens financiers.