Belgique

Après avoir suspendu leur action du 30 avril dernier et donné ainsi une chance à la négociation, les syndicats des cheminots de la SNCB mettront à exécution leur préavis de grève déposé le 9 mai. Et, une fois encore, ce sont les usagers qui pâtiront d'une situation où les représentants des agents et la direction (à trois têtes) du groupe ferroviaire n'ont pas pu s'entendre. A l'heure où l'entreprise commence à retrouver grâce auprès des usagers (en témoignent l'augmentation de la fréquentation et les enquêtes de satisfaction) et qu'elle ambitionne de mettre ses clients au centre de son action, un tel mouvement est inopportun.

Il brouille aussi le message de l'entreprise publique et on est en droit de se demander si les deux parties avaient vraiment à coeur d'éviter la grève générale et de penser aux usagers. Force est de constater que cela n'a pas été le cas, comme l'atteste le communiqué de vendredi du groupe. "Cet après-midi, la direction du groupe SNCB a une nouvelle fois rencontré les organisations reconnues. La grève annoncée pour mardi prochain semble cependant inéluctable", indique la direction du groupe. Il s'agit là d'un aveu d'impuissance ou de manque de réelle volonté de trouver une issue positive à la crise. Ce n'est point l'attitude que les citoyens attendent des responsables d'une entreprise publique, laquelle joue un rôle primordial en matière de mobilité et dans la vie professionnelle des usagers.

Le reproche vaut également pour les syndicats, qui ont manqué du dernier carat de patience qu'il faut. En mettant aussi vite leur menace de grève à exécution, ils ont sapé la bonne tenue que les cheminots ont observée jusqu'à présent. Dans leurs revendications, ils ne doivent pas oublier que la situation financière de l'entreprise ferroviaire est encore fragile et qu'il y a d'autres défis à relever : réfléchir à la libéralisation du transport national de voyageurs qui finira bien par arriver sur les rails un jour, faire de l'entreprise un acteur incontournable de la mobilité, etc.

L'échec des négociations démontre, si besoin en était encore, qu'il faut repenser le dialogue social au sein de la SNCB. Soit il faut prévoir un système de sonnette d'alarme pour que la grève ne soit actionnée qu'en dernier recours. Soit il faut créer, comme le suggère la ministre de tutelle Inge Vervotte, un poste de médiateur qui affichera la neutralité et la distance nécessaires susceptibles d'aider les partenaires sociaux de la SNCB à accorder leurs violons.