Belgique

On l’imaginait bastion imprenable, à jamais autonome, soumis à la seule nécessité du savoir, de la science et de la raison. On retrouve l’enseignement supérieur du XXIe siècle plongé dans les nécessités du marché, se battant pour sa survie, participant au jeu d’une indispensable recherche de rendements.

A-t-il pour autant abdiqué de ses missions ? Certains le regrettent, d’autres nuancent. Sur le terrain, la créativité des recherches, leur liberté et leurs résultats restent de mise.

En réalité, la concurrence internationale qui s’est accentuée en une dizaine d’années, et qui fait l’objet de ce dossier, n’est pas tout à fait nouvelle. "Au XIIIe siècle", rappelle Philippe Maystadt, le président de l’Ares, l’académie qui chapeaute l’enseignement supérieur en Belgique francophone, "les universitaires de Salamanque avaient pour interdiction d’aller enseigner chez les concurrents de la Sorbonne ou de Bologne." Mais, à la veille de la rentrée académique (ce lundi), les recteurs francophones font tous ce constat: le marché ne s’est jamais montré aussi concurrentiel. Et jamais la mobilité des étudiants, des chercheurs ou des professeurs qui font parfois l’objet de juteux "mercatos" ne fut autant favorisée.