Belgique

Une "vague de grèves" devrait toucher le pays vendredi à l'occasion d'une journée d'actions syndicales, préviennent mardi les organisations représentant les travailleurs. 

Plusieurs thématiques expliquent cette situation: le mécontentement lié à la réforme des pensions voulue par le gouvernement, l'échec des négociations liées aux métiers pénibles et l'agitation croissante au sujet du pouvoir d'achat. La circulation des trains ne devrait toutefois pas être affectée, au contraire de celles des véhicules du TEC, en particulier à Liège et Charleroi. Les bus, trams et métros de la Stib devraient eux circuler normalement. Les syndicats se disent "surpris" par la grande volonté de faire grève parmi les travailleurs. De nombreuses entreprises de l'industrie alimentaire devraient ainsi être fermées vendredi, selon Pia Stalpaert, présidente de la CSC Alimentation et Services. Elle s'attend à de nombreuses grèves, et ce également pour le secteur de la sécurité et du gardiennage et dans celui du nettoyage.

Tant le gouvernement que les employeurs suscitent le mécontentement des travailleurs, qui vivent mal l'échec des pourparlers sur les métiers pénibles dans le cadre de la réforme des pensions mais qui ressentent aussi un mécontentement important quant à leur pouvoir d'achat.

"Les actions des gilets jaunes ont réveillé les gens et les ont mis en colère. Ils voient partout des hausses de prix mais très peu en compensation", à en croire Pia Stalpaert.

Cette agitation croissante devrait dès lors être perceptible vendredi, tant au sud qu'au nord du pays. "Une vague de grèves" est en vue, prédit-on au syndicat socialiste.

La volonté de faire grève sera ainsi, et comme de tradition, très forte dans les régions de Charleroi et de Liège. Dans ces deux régions, 24 heures d'arrêts de travail interprofessionnels ont été décrétées par la FGTB, qui seront en outre suivies en front commun syndical à Charleroi. La circulation au sein du TEC devrait dès lors être fortement perturbée dans ces deux villes.

Ce sera probablement aussi le cas dans le Centre, où un appel à 24 heures de grève a été lancé par le syndicat socialiste. Ailleurs, en Brabant wallon, en Wallonie picarde ou dans le Luxembourg, on s'attend à des piquets devant différentes grandes entreprises et enseignes.

Enfin, des actions de grève sont attendues dans plusieurs secteurs pour la région Mons-Borinage, indique-t-on à la FGTB.

La Flandre sera également touchée par des actions pouvant aller de grèves à des réunions de militants, en passant par des piquets devant les entreprises ou l'organisation de conseils d'entreprises extraordinaires. La CSC Metea flamande s'attend à ce que les activités d'entreprises comme Volvo Cars et Volvo Trucks à Gand, et Asco à Zaventem soient perturbées.

Les usagers du rail ne devraient par contre pas connaître de soucis vendredi. Aucun préavis de grève n'a en effet été déposé dans ce secteur, selon la SNCB et la CGSP Cheminots. "S'il devait y avoir des perturbations, elles seront très limitées", prévoit d'ailleurs l'entreprise ferroviaire. La journée d'actions sera probablement peu perceptible dans le secteur public.

La même situation prévaut du côté de la Stib, la société de transports en commun bruxelloise, qui ne prévoit pas de participation syndicale à l'action de vendredi.

La FGTB a répété mardi qu'elle s'attendait à plusieurs actions symboliques ou "coups de poing" vendredi à travers tout le pays, allant de blocages d'entreprises ou de zonings à celui de routes ou d'opérations escargot.

Enfin, un rassemblement en front commun sera organisé à 11h00 vendredi devant le siège de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) à Bruxelles.