Belgique

Nous relations, vendredi, que trois mois après avoir annoncé une plainte contre «Le Vif/L'Express» (qui avait publié les 16 et 23 décembre 2005 des articles le mettant en cause), Jean-Claude Van Cauwenberghe, l'ancien ministre-président wallon (PS), n'avait en réalité déposé aucune plainte du tout. D'autant que, le 21 janvier, il était revenu d'initiative sur le sujet en annonçant que la plainte était effective, ce qu'elle n'était pas. Et toujours pas jeudi soir. Elle l'est en revanche devenue vendredi en fin d'après-midi, avons-nous appris quelques heures après la publication de notre article. Un article involontairement mais manifestement «déclenchant»...

M. Van Cauwenberghe, qui se plaint d'un dommage, demande quelque 200000€ en réparation, sur la base de ce qui apparaît comme une synthèse du mémorandum déjà évoqué (LLB 28/1 et 17/3). On peut en retenir que «Van Cau» nie avoir favorisé illégalement, par exemple en lui donnant des informations trop privilégiées, son ami l'entrepreneur carolo Robert Wagner. Il justifie à nouveau le mode d'achat de sa maison du sud, près de Saint-Tropez. Et stigmatise par ailleurs la rigueur professionnelle -qu'il juge insuffisante- de l'auteur des articles. Lequel jouit pourtant, faut-il dire, d'une réputation contraire.

Toujours est-il qu'on peut décidément s'étonner. Là où «Van Cau» avait tout misé sur le seul aspect médiatique des choses, en promettant plainte sans rien faire d'autre jusqu'ici -ah, les effets d'annonce!-, voilà qu'il concrétise tardivement après, et seulement après, que l'affaire fut redevenue médiatique.

On suivra donc avec d'autant plus d'intérêt le cheminement judiciaire réel du dossier. Car on est loin encore d'un éventuel procès.

© La Libre Belgique 2006