Belgique

La deuxième information judiciaire menée à l’encontre de l’ex-évêque de Bruges, Roger Vangheluwe, débouche sur une impasse. Elle va donc être, dans un délai relativement proche, classée sans suite par le procureur du roi de Bruges, Jean-Marie Berkvens. Ce dernier, qui n’était pas joignable mardi, l’a confié récemment à De Standaard. Pas question ici de prescription : les enquêteurs n’ont tout simplement pas pu entendre le présumé plaignant.

On s’en souvient. L’affaire Vangheluwe a éclaté en avril 2010 alors que, dans plusieurs pays, des scandales de pédophilie dans l’Eglise étaient révélés. Cela avait réveillé des blessures dans la famille de Roger Vangheluwe car l’évêque, qui condamnait alors publiquement la pédophilie, avait abusé sexuellement, entre 1973 et 1986, un neveu, aujourd’hui âgé de 43 ans.

Craignant la révélation, Roger Vangheluwe avait pris les devants et présenté sa démission le 24 avril 2010. L’affaire avait conduit à un déluge de plaintes auprès de la Commission Adriaenssens. Il était apparu qu’il avait abusé un deuxième neveu.

L’information judiciaire ouverte au parquet de Bruges allait être classée pour cause de prescription lorsque l’ex-évêque, du fond du couvent où il avait été accueilli dans le Loir-et-Cher (France), avait donné une interview à la télévision flamande VT4.

Il minimisait les faits, parlant de "petits jeux" et affirmait n’avoir pas l’impression d’être pédophile. Ce qui avait terriblement choqué.

Et, dans la foulée, une nouvelle dénonciation est parvenue à la justice Brugeoise. Un homme de 59 ans, originaire de Roulers, affirmait, avoir connaissance d’abus, commis par Roger Vangheluwe et un autre prêtre, dans les années ‘60 sur deux enfants de chœur. Des faits vraisemblablement frappés de prescription mais qui n’ont même pas pu être étayés.

La dénonciation ne venait, en effet, pas de ce Roularien de 59 ans, mais de Lieve Halsberghe, une des responsables de la section belge de l’association SNAP, qui défend des victimes d’abus par des prêtres.

"Nous avons auditionné cette dame à plusieurs reprises. Mais elle a dit que l’homme de qui elle a obtenu l’information souhaite rester anonyme. Nous avons insisté plusieurs fois pour qu’il se fasse connaître mais il ne veut pas", a expliqué M. Berkvens. Ni les autorités judiciaires, ni la police fédérale n’ont pu l’entendre. Ce qui rend évidemment difficile toute vérification des faits. Le dossier va donc être clôturé.