Belgique

Après des semaines de négociations et de propositions rejettées, le ministre fédéral de la Mobilité, Renaat Landuyt (SP.A) qui tente de concilier les points de vue des Flamands et des Bruxellois dans le dossier du bruit des avions de Zaventem fait des propositions (nouvelles?) aux parties. Il entérine des suggestions qui avaient été déjà faites et estime qu'il est temps de conclure un premier accord. «Malheureusement, lors de la soirée du 28 octobre 2005, les discussions se sont terminées prématurément. Néanmoins, selon moi, il y a eu suffisamment d'éléments rendant un accord rationnel possible», écrit-il dans sa missive datée du 7 novembre et dont nous avons eu connaissance. Le courrier est envoyé aux ministres-Présidents et ministres de l'Environnement des Régions flamande et de Bruxelles-Capitale.

Faisant d'abord l'état des lieux du dossier, il soutient que chaque piste sur la table représente «en tout cas déjà une amélioration pour les riverains de Bruxelles-Capitale par rapport à la situation d'aujourd'hui, tant en ce qui concerne les nuits que les week-ends». Passant en revue divers points du dossier, il estime que l'extension des procédures de nuit de 6 à 7h du matin équivaut à une extension du moment de repos pour toutes les communes bruxelloises.

La mesure adoucirait aussi, selon lui, la situation des habitants de Diegem. Mais il reconnaît qu'il faut trancher la question de savoir si ce sont toutes les nuits de la semaine qu'il faut allonger d'une heure ou quelques-unes seulement. Dans ce dernier cas, il sera «nécessaire ou équitable vis-à-vis des autres communes d'également chercher un moment de repos pendant le week-end pour toutes les communes bruxelloises». Le tout, sous réserve de ce que Belgocontrol, le contrôleur du ciel belge, estimera «sur et réalisable».

Départs des pistes 25 et 20

En ce qui concerne la proposition du gouvernement flamand visant à utiliser la piste 25 gauche pour les décollages les samedis (après 15h) et les dimanches (avant 15h), il propose qu'à défaut d'une bretelle d'accès (le fameux taxiway dont les travaux sont évalués à près de 350 millions d'euros par Biac), d'utiliser simultanément et davantage la piste parallèle 25 droite pour les départs.

Pour régler le problème de capacité qui empêche l'usage intensif de la piste 25 droite pour les départs, il suggère d'utiliser simultanément la piste 20 pour les décollages. «Ceci offre un moment de repos supplémentaire aux communes bruxelloises et c'est moins pesant pour les riverains de la périphérie Est».

Et de souligner que la seule possibilité de garantir un repos total aux habitants de la commune de Diegem, entre autres, est et reste l'usage exclusif de la piste 20 pour les décollages. «Dans ce cas, nous devrions veiller à ce que l'utilisation d'une autre route ne nuise pas toujours aux mêmes riverains (nuisances qu'ils ont déjà régulièrement actuellement à cause des écarts à l'utilisation préférentielle de piste dus aux normes de vent)», concède Renaat Landuyt.

Passer à la vitesse supérieure

Fort de ces «avancées» et en attendant l'accord global sur l'utilisation préférentielle des pistes, il souhaite poursuivre la négociation et aborder d'autres points du dossier. Ils concernent notamment les restructions des vols de nuit à Zaventem et la signature d'un accord de coopération. Ce dernier intégrera entre autres l'institut de contrôle des nuisances sonores, l'élaboration de la cartographie du bruit et des plans d'action contre les nuisances ainsi que des mesures en matière d'aménagement du territoire et d'isolation. Il estime que «le groupe de travail sur l'accord aéroportuaire peut commencer les études en matière d'approche équilibrée» afin d'adapter les législations fédérale et flamande aux restrictions d'exploitation liées aux vols de nuit. Il suggère aussi d'effectuer une analyse d'impact sur une meilleure utilisation de la piste 25 gauche en partant des examens provisoires de Biac et de Belgocontrol.

© La Libre Belgique 2005