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A la cafétéria du centre médical de l’Université américaine de Beyrouth, le petit Khaled, attablé, joue avec un avion en papier qu’il vient tout juste de confectionner. En sirotant son jus de fruit, il fait voler l’appareil au bout de son bras. A côté de lui, sa mère s’entretient avec Thuraya Zareik, une travailleuse sociale d’Inara, l’association qui prodigue des soins hospitaliers aux blessés de guerre au Liban.

Il y a seulement trois mois, Khaled ne pouvait pas bouger son bras. En 2013, à l’âge de cinq ans, il tombe par accident dans une marmite dans sa maison de Qousseir (centre-ouest de la Syrie) alors que sa mère est en train de cuisiner. Avant qu’elle ne puisse le conduire à l’hôpital, à Damas, la ville devenue repaire des rebelles locaux est soudainement prise d’assaut par l’armée. Contrainte de fuir les violences, la famille traverse les montagnes du Qalamoun, à pied, et vient trouver refuge dans la vallée de la Bekaa, au Liban. Sans que Khaled, brûlé à la poitrine et au bras, ne reçoive de soins.

Des corps déchirés

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