International Le Parti communiste s’est dit prêt à soutenir un gouvernement socialiste.

Après avoir contraint le pays à se serrer la ceinture durant près de quatre ans, la droite portugaise triomphait le soir des élections législatives du 4 octobre dernier. Si le Parti social-démocrate (PSD) et son partenaire minoritaire (les conservateurs du CDS) ont perdu la majorité absolue, ils étaient toutefois les gagnants du scrutin avec 38,6 % des voix. Ainsi, le Premier ministre sortant Pedro Passos Coelho ne s’imaginait pas une seconde quitter le siège qu’il occupe confortablement depuis 2011.

Le Parti socialiste (PS), arrivé second avec 32,3 % des voix, semble pourtant sur le point de d’ébranler ses plans. Après avoir opposé un refus catégorique à l’invitation de M. Coelho d’intégrer une grande coalition avec les partis de droite, le chef du PS, Antonio Costa, se laisse séduire par l’idée d’un gouvernement de gauche. Si le Portugal n’a pas connu un raz-de-marée de la gauche radicale à l’image de la Grèce, le Bloc de gauche, formation apparentée au Syriza au pouvoir à Athènes, a toutefois réalisé le meilleur score de son histoire, en obtenant 10,2 % des voix. Il a même dépassé, pour la première fois, le Parti communiste allié aux Verts. Dès lors, l’ensemble de la gauche dispose de la majorité absolue au Parlement.

Une alliance inédite

Personne n’imaginait néanmoins voir ces partis envisager de dépasser leurs divergences historiques pour se serrer les coudes contre l’austérité. Une telle alliance serait même inédite depuis l’avènement de la démocratie au Portugal en 1974. Cette perspective a donc enflammé la presse portugaise et a provoqué l’ire de M. Coelho qui a accusé M. Costa de "de plonger le Portugal dans l’instabilité". Mais les négociations entre les socialistes portugais et la gauche antilibérale avancent à tel point que mardi la tête du PS a déclaré qu’il "était en mesure de former un gouvernement disposant d’un soutien majoritaire au Parlement". Une déclaration confirmée aussitôt par le Parti communiste.

Alors que M. Costa et M. Passos Coelho se disputent tous deux le poste de Premier ministre, la balle est dans le camp du président Anibal Cavaco Silva qui doit désigner le futur chef du gouvernement. Selon plusieurs analystes, il penchera malgré tout pour le chef du PSD. Mais la gauche semble prête au combat, ayant déjà prévenu qu’elle fera obstacle à un exécutif minoritaire de droite provoquant ainsi sa chute.