International Dans ce village de l’Ouest de l’Ukraine, proche de la frontière polonaise, l’absence d’au moins un membre de la famille fait partie de la réalité locale. Nombreux sont ceux partis travailler à l’étranger, pour assurer la subsistance de leurs proches, restés au pays. Mais pour les familles, le prix de la séparation est élevé. Reportage.

Skype, ça a donné un nouveau souffle à notre ville." Krystyna Datsiouk s’est mise sur son trente et un, pour présenter le centre informatique de sa bibliothèque pour enfants. "Cela a permis aux habitants de Sokal de renouer le contact avec ceux qui sont loin. Moi, par exemple, mes deux frères sont à l’étranger. Mes collègues ont toutes des parents à l’étranger. Vous ne trouverez pas une famille ici qui n’a pas un de ses proches à l’étranger." A dix kilomètres de la frontière polonaise, Sokal est un petit bout de campagne ukrainien tout à fait typique. On y accède sur des routes cabossées, en passant devant le cadavre de la défunte usine de produits chimiques, jadis le lieu de travail de plus de 5 000 personnes. Au centre-ville, la vie semble paisible, entre façades décrépies de bâtiments publics et conduites de gaz rouillées. Ici et là, néanmoins, ce sont les belles demeures neuves, à l’architecture originale, qui attirent l’œil. Des maisons généralement habitées par des familles morcelées.

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