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Le porte-parole du gouvernement français Benjamin Griveaux a défendu vendredi sur Europe 1 l'indépendance de la justice dans l'affaire Benalla, et voit dans l'ouverture d'une enquête du parquet financier la preuve que "personne "n'est au-dessus des lois". Le parquet financier a ouvert une enquête sur un contrat signé entre Mars, la société de Vincent Crase - ex-employé de LREM et gendarme réserviste - et l'oligarque russe Iskander Makhmoudov, qui aurait été "négocié" par l'ancien conseiller d'Emmanuel Macron, Alexandre Benalla, "du temps où il était à l'Élysée".

"Il y a une autorité judiciaire qui est indépendante, et dont je note qu'elle a agi de manière rapide et que personne n'est protégé, personne n'est au-dessus des lois. Ce fantasme-là est un fantasme, chacun rend des comptes, M. Benalla va rendre des comptes à la justice française et c'est une très bonne nouvelle", a déclaré M. Griveaux.

"J'entends beaucoup la musique de 'il est très protégé'. S'il était si protégé que ça, il n'y aurait pas des enquêtes ouvertes", a insisté M. Griveaux.

Interrogé sur la perquisition menée à Mediapart, il a jugé "inexact de dire" qu'elle a été demandée par Matignon. "Je ne laisserai pas salir ni le pouvoir exécutif, ni la justice de notre pays", a-t-il ajouté, dénonçant "le doute permanent qu'on instille dans les micros".

"Quand des informations ont été transmises aux journalistes jeudi et vendredi dernier, il n'est pas anormal de transmettre, quand on l'a transmis à la presse, au procureur de Paris les mêmes informations", a-t-il justifié.

Quant aux liens entre Alexandre Benalla et des responsables de la sécurité de Matignon, il a estimé que l'ancien conseiller d'Emmanuel Macron "avait une position que chacun connaissait à l'Élysée. Qu'il ait eu des relations de travail avec des personnes en charge de la sécurité à Matignon ou ailleurs, ça n'est quand même pas une surprise".

Le contrat avec l'oligarque russe a été évoqué dans une conversation entre M. Benalla et M. Crase enregistrée le 26 juillet et dont des extraits ont été publiés le 31 janvier par Mediapart. Dans le cadre d'une enquête sur les conditions de l'enregistrement, Matignon a annoncé jeudi la démission de la cheffe du groupe de sécurité du Premier ministre (GSPM). Le ministère des Armées a annoncé la suspension du compagnon de cette dernière, un militaire.