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Internet revenait progressivement samedi soir en République démocratique du Congo, où l'accès aux réseaux sociaux et les échanges SMS étaient suspendus sur ordre des autorités depuis le 31 décembre au lendemain des élections générales, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Les échanges sur WhatsApp et par mail étaient de nouveau possibles sur le réseau Vodacom, l'un des trois principaux en RDC.

Des utilisateurs à Kinshasa, dans l'Equateur et le Kongo Central joints par l'AFP ont aussi confirmé le retour des services sur l'opérateur Orange. Internet était également opérationnel sur Airtel, selon les réseaux sociaux.

Aucune autorité n'était joignable samedi soir pour confirmer la reprise des services.

Celle-ci est intervenu alors que la Cour constitutionnelle devait se prononcer samedi soir sur le recours déposé par l'opposant Martin Fayulu contre les résultats de l'élection présidentielle du 30 décembre.

M. Fayulu conteste la proclamation de la victoire d'un autre opposant, Félix Tshisekedi, selon les résultats provisoires de la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

La Cour constitutionnelle devait aussi proclamer les résultats définitifs de l'élection présidentielle.

La coupure d'internet avait suscité samedi l'agacement de l'ambassadeur des États-Unis à Kinshasa: "20 jours sans internet sont 20 jours de trop. Il doit être rétabli maintenant. Les démocraties s'épanouissent et les sociétés prospèrent quand les gens sont informés et peuvent communiquer librement", avait écrit sur Twitter Mike Hammer.

Des start-up ont déploré une perte de recettes et un retard dans leur développement.

Silikon Bantu, qui regroupe une vingtaine d'entrepreneurs congolais actifs dans les nouvelles technologies numériques, a fait état d'une "perte des recettes de l'ordre de moins 10%", dans un document transmis à l'AFP.

Internet avait été suspendu au début des opérations de dépouillement le lundi 31 décembre.

"Il y a des gens qui intoxiquaient la population avec de faux chiffres concernant les élections. Et cela préparait la population à un soulèvement populaire", avait justifié auprès de l'AFP le conseiller diplomatique du président Joseph Kabila, Barnabe Kikaya bin Karubi.