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Barack Obama est un "loup déguisé en agneau", a déclaré à l'AFP mercredi le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, en réaction à la réélection du président américain.

"Obama semble être un homme sympathique. Et c'est précisément le problème", a estimé Julian Assange dans une interview par téléphone à l'AFP, accordée depuis l'ambassade d'Equateur à Londres où il est réfugié depuis la mi-juin. "C'est mieux d'avoir un agneau habillé en loup qu'un loup déguisé en agneau", a-t-il ajouté.

"Toutes les actions contre WikiLeaks ont été engagées par l'administration Obama", a-t-il encore dit, faisant notamment allusion à l'incarcération depuis mai 2010 du militaire Bradley Manning soupçonné par la justice américaine d'avoir été la "taupe" de WikiLeaks.

Julian Assange a aussi reproché aux adversaires républicains des démocrates de ne pas avoir été une opposition "efficace contre les excès du gouvernement" Obama. "Il n'y a aucune raison de penser que cela va changer", a-t-il ajouté, estimant qu'"une administration (Mitt) Romney aurait essayé de traiter encore plus mal Manning".

Le soldat américain est accusé d'avoir téléchargé avec les ordinateurs du gouvernement, puis transmis à WikiLeaks des documents militaires américains sur les guerres en Irak et en Afghanistan, ainsi que 260.000 dépêches du département d'Etat, déclenchant une tempête dans la diplomatie mondiale. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité pour collusion avec l'ennemi.

Concernant le statu quo sur sa propre situation de réfugié, Julian Assange a affirmé qu'"il n'y avait pas eu de véritables progrès au cours des dernières semaines". Sur le sujet, WikiLeaks passe d'une approche "défensive à offensive", a-t-il ajouté d'une façon évasive. Prié de préciser ses propos, il a répondu: "Cela sera plus clair dans quelques mois".

Julian Assange est réfugié à l'ambassade d'Equateur à Londres pour tenter d'échapper à son extradition vers la Suède qui le réclame dans une affaire de viol et d'agression sexuelle présumés.

L'Australien affirme que s'il est envoyé en Suède, il risque à terme d'être extradé vers les Etats-Unis, ulcérés par la publication par WikiLeaks de documents américains secrets, et d'y encourir la peine de mort. L'Equateur lui a accordé l'asile politique, mais Londres, qui entend appliquer le mandat d'arrêt suédois, a annoncé qu'elle arrêterait le fondateur de WikiLeaks s'il sortait de l'ambassade.