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Une fusillade a eu lieu mardi soir au centre-ville de Strasbourg, où a lieu son Marché de Noël.

Ce que l'on sait

  • Le bilan fait état de deux morts ainsi qu'une personne en état de mort cérébrale. Selon Dernières Nouvelles d'Alsace (DNA), les personnes décédées seraient un Français et un touriste d'origine thaïlandaise. Ce dernier s'appellerait Anupong Suebsamarn et était âgé de 45 ans, selon la porte-parole du ministère des Affaires étrangères thaïlandais.
  • Il y a aussi 13 blessés, dont 7 graves. Aucun Belge ne serait parmi les victimes. La ministre de la Santé a annoncé que le pronostic vital est engagé pour deux des blessés. Les blessés sont des hommes et des femmes, à part égale, qui sont âgés entre 20 et 65 ans, selon Pascal Bilbault, responsable des services du Samu et des urgences de Strasbourg.
  • L'auteur, identifié et fiché S pour radicalisme, a été blessé par des ripostes militaires. Il s'agit de Chérif C. Voir son portrait.
  • Le tireur devait être interpellé mardi matin dans le cadre d'une enquête de droit commun.
  • L'auteur est toujours en fuite. Quatre proches de l'auteur sont en garde à vue. Selon DNA, ces individus sont le père, la mère et les deux frères du suspect.
  • Le gouvernement a placé la France en "urgence attentat".


Ce qu'il s'est passé

Plusieurs centaines de membres des forces de sécurité étaient mobilisées dans la nuit de mardi à mercredi pour tenter de retrouver l'auteur en fuite de la fusillade qui a fait au moins deux morts mardi soir sur le Marché de Noël de Strasbourg, alors que le gouvernement décidait de placer la France en "urgence attentat". Quelque 350 personnes, dont 100 membres de la police judiciaire, des militaires et deux hélicoptères, sont aux trousses de l'assaillant, a indiqué le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner lors d'une déclaration depuis la préfecture du Bas-Rhin à Strasbourg, où il a été dépêché par le président Emmanuel Macron.


Des témoins de l'attaque à Strasbourg mardi soir ont entendu l'assaillant crier "Allah Akbar", a indiqué mercredi le procureur de Paris, Rémy Heitz, lors d'une conférence de presse au tribunal de grande instance de Strasbourg. Quatre de ses proches ont été placés en garde à vue. "Au regard du lieu ciblé, du mode opératoire employé par l'assaillant, de son profil et des témoignages recueillis auprès de ceux qui l'ont entendu crier 'Allah Akbar', la section antiterroriste du parquet de Paris s'est saisie des faits", a-t-il déclaré.

Le suspect, Chérif C., a été vu porteur d'une arme à feu peu avant 20h mardi rue des Orfèvres, au cœur du marché de Noël. Tout au long de son parcours, il a - à plusieurs reprises - ouvert le feu avec une arme et il a également utilisé un couteau, précise le procureur.

© AFP

Il s'est ensuite retrouvé face à quatre militaires et un échange de tirs a eu lieu, le blessant au bras. Peu après 20h, il a quitté les lieux en taxi vers le quartier Neuhof. Le chauffeur du taxi a précisé avoir vu l'homme blessé et armé. "L'individu, pour justifier ses blessures, a évoqué son passage à l'acte, indiquant avoir tiré vers des militaires et tué 10 personnes", a ajouté Rémy Heitz. Une fois descendu du véhicule, il a croisé des fonctionnaires de police et un nouvel échange de tirs est intervenu.

2 morts, 1 personne en état de mort cérébrale

L'attaque a fait deux morts, sept blessés graves et sept blessés légers, selon un bilan qui ne cesse d'être actualisé. Un touriste thaïlandais âgé de 45 ans est décédé, après avoir reçu une balle dans la tête, ont confirmé les Affaires étrangères depuis Bangkok. Son épouse, avec qui il était arrivé seulement quelques heures plus tôt, est indemne. Une autre personne est en état de mort cérébrale.

Les Affaires étrangères belges ont indiqué qu'aucun Belge n'aurait été blessé par l'attaque tout en précisant qu'il ne s'agissait pas d'une confirmation officielle. Un journaliste italien de 28 ans ferait en revanche partie des blessés graves. Il était à Strasbourg pour couvrir l'assemblée plénière au Parlement européen pour Europhonica, un réseau de radios associatives. 2.000 personnes ont été confinées à l'intérieur du Parlement européen et n'ont pu sortir qu'à 2h du matin.

L'évocation d'une grenade découverte chez lui le matin même a permis de faire le rapprochement avec une opération de police mardi matin au domicile de Chérif C., dans le cadre d'une enquête pour tentative d'assassinat, violence aggravée et association de malfaiteurs. Les enquêteurs ont saisi une grenade, une arme chargée et quatre couteaux.

Ce marché de Noël déjà visé lors d'un projet d'attentat

Prise en charge par le parquet antiterroriste de Paris, l’attaque s’inscrit dans une longue liste d’actes isolés et non coordonnés dans les pays européens qui succèdent à la défaite militaire de Daech en Syrie et en Irak. Ceux-ci visent en priorité les forces de l’ordre mais aussi des lieux symboliques.

Le 19 décembre 2016, une attaque terroriste islamiste au camion-bélier s'était déroulée au marché de Noël de la Breitscheidplatz, à Berlin, le 19 décembre 2016. Elle avait fait douze victimes et plus de cinquante blessés.

Le marché de Noël de Strasbourg avait lui-même échappé à un attentat sanglant juste avant le 31 décembre 2000, déjoué lors d’une opération conjointe des polices allemande et française.

Dans l’émission « Histoire secrète de l’antiterrorisme », diffusée le 13 novembre dernier, France 2 avait révélé la vidéo enregistrée par les terroristes d’al-Qaïda, venus de Francfort pour faire un repérage aux abords de la cathédrale alsacienne. « Voilà les ennemis d’Allah en train de flâner », pouvait-on entendre.

La BKA allemande avait interpellé la cellule, tous des anciens d’Afghanistan, avant qu’ils ne commettent l’attentat. Leur chef avait été condamné à dix ans de prison en 2004.

L'OCAM ne voit aucun lien entre la fusillade de Strasbourg et la Belgique

Selon l'OCAM, qui coordonne l'analyse de la menace en Belgique, il n'existe aucun lien entre la fusillade de Strasbourg et notre pays, a assuré mercredi matin le ministre de la Justice Koen Geens dans l'émission De Ochtend sur Radio 1. En d'autres mots, l'adaptation du niveau de sécurité n'est pas à l'ordre du jour. Il n'y a aucune indication que la Belgique pourrait être visée, a enfin assuré le ministre. Toutefois, la présence policière a été renforcée aux Plaisirs d'Hiver à Bruxelles.