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Le chef présumé du commando qui a pris d'assaut l'ambassade de Corée du Nord à Madrid en février, a ensuite offert du matériel dérobé au FBI, a indiqué mardi le tribunal espagnol chargé de l'affaire. Adrian Hong Chang, de nationalité mexicaine mais résident aux Etats-Unis, "est entré en contact, cinq jours après l'assaut, avec le FBI à New York afin de lui remettre des informations relatives à l'incident dans l'ambassade ainsi que du matériel audiovisuel obtenu", a indiqué l'Audience nationale dans un communiqué.

Selon le juge d'instruction chargé du dossier, Hong Chang a précisé avoir agi de sa propre initiative.

Ces informations sont les premières à filtrer officiellement depuis le mystérieux assaut de l'ambassade, intervenu le 22 février, quelques jours avant le sommet à Hanoï entre le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un.

Toujours selon le juge, deux des assaillants ont amené le chargé d'affaires de l'ambassade dans une des pièces du sous-sol pour l'inciter à faire défection, se présentant "comme des membres d'une association ou d'un mouvement de défense des droits de l'Homme pour la libération de la Corée du nord".

Armes factices et machettes

Ce commando d'une "dizaine de personnes" était entré dans l'ambassade le 22 février "en utilisant la force, avec des armes à feu factices, des machettes, des barres de fer et des couteaux" avant de prendre en otage les occupants qu'ils avaient ligotés et dont ils avaient recouverts la tête avec des sacs, indique le document du tribunal.

Une fois l'alerte donnée par l'une des occupantes de l'ambassade, la police avait sonné à la porte. Adrian Hong Chang avait ouvert, un pin's de Kim Jong Un sur la veste, et s'était fait passer pour un "haut représentant" de l'ambassade, assurant que tout allait bien.

La plupart des assaillants avaient ensuite fui à bord de véhicules de l'ambassade.

Le dernier ambassadeur de Corée du Nord en Espagne, Kim Hyok Chol, expulsé en septembre 2017, est devenu depuis l'une des personnes de confiance de Kim Jong Un et son émissaire pour les Etats-Unis.