International Le Parida devait rejoindre le port d'Anvers, mais un incendie s'est déclaré dans une de ses cheminées. Le navire est à présent à la dérive en Écosse, selon la BBC. L'incendie a été éteint, mais la plate-forme pétrolière située à proximité a été évacuée par mesure de précaution.


Les garde-côtes de l'archipel des Shetland ont été alertés mardi soir par le "Parida", immatriculé au Danemark, qu'une de ses deux cheminées avait pris feu dans "des conditions de mer difficiles", ont-ils expliqué à l'AFP.

L'incendie a été rapidement maîtrisé mais l'équipage n'a pas réussi à redémarrer les moteurs. En panne, le navire a alors dérivé vers la côte écossaise et la plateforme pétrolière "Beatrice". Il se trouvait à une vingtaine de kilomètres de la plateforme lorsque un hélicoptère de la RAF a hélitreuillé vers minuit l'ensemble des 52 personnes travaillant sur les lieux.

Aucun blessé n'est à déplorer, a confirmé la compagnie Woodgroup, responsable de la plateforme, à l'AFP, en évoquant une évacuation "par précaution".

Le bateau a, lui, été pris en remorque et est arrivé à bon port mercredi matin à Moray Firth, un bras de mer au nord-est de l'Ecosse dans le prolongement du Loch Ness, ont annoncé les garde-côtes écossais.

Le Parida devait se rendre de Scrabster, à l'extrémité nord de l'Ecosse, à Anvers, en Belgique, avec dans ses cales des déchets radioactifs en provenance du site de Dounreay, une centrale nucléaire en cours de démantèlement.

Selon Mike Douglas des garde-côtes écossais, il s'agit de "matériel à radioactivité faible entouré d'une chape de béton".

"Il n'y a eu aucun danger pour l'équipage et la cargaison n'a pas été menacée par le feu", a affirmé une porte-parole du site de Dounreay à l'AFP, ajoutant que le Parida était intact et ne présentait aucune menace pour l'environnement.

Le ministre écossais de l'Environnement, Richard Lochhead, a néanmoins qualifié l'incident de "sérieux".

Du côté belge, on confirme que le bateau transportait bien deux fûts de déchets nucléaires belges, apportés de Belgique au milieu des années 90 pour être traités en Grande Bretagne et qui retournaient à présent dans notre pays. Les autorités nucléaires belges ont été averties de l'incident de mardi soir. 

"Le risque est nul"

L'AFCN explique être au courant de tous les transports de ce type, les suivre avec attention, et vérifier que tout cela se passe dans des conditions de sécurité. L'autorité nucléaire a analysé la situation en cours au large de l'Ecosse et selon elle, "le risque est nul". Pas de possiblité de pollution en vue. 

"L'incendie n'a pas endommagé les fûts et le bateau est actuellement en train d'être remorqué vers le port de Cromarty", en Ecosse. De tels fûts sont réalisés de telle manière qu'ils peuvent résister à une chute de 9 mètres, à un incendie, et à un éventuelle échouage au fond de l'eau, grâce à leur double emballage métallique. Ils pourraient ensuite être récupérés sans problème, assure l'Agence Fédérale du Contrôle Nucléaire. Ici, il s'agit de déchets de moyenne activité et de longue durée de vie. Ils proviennent originellement du SCK-CEN, le centre de recherche belge sur la radioactivité. "La seule façon de faire à l'époque, c'était de les retraiter à l'étranger, dans cette usine de Dounreay. Et petit à petit les déchets rentrent chez nous, selon les accords internationaux en vigueur". 

Sur la période 2013-2015, 21 transports sont prévus. Celui de mardi était le dix-neuvième. Les déchets doivent rallier Anvers, puis Dessel, là où les déchets retraités devaient être stockés. Même si en fait, la Belgique n'a pas encore de véritable solution définitive pour le stockage de ces déchets de moyenne (et haute) activité à longue durée de vie. Elle étudie une solution de stockage souterrain à Mol. D'autre part, chaque semaine, en Belgique, 3 ou 4 transports par mer de déchets nucléaires retraités ou à retraiter (40 000 transports de colis nucléaires par an tous modes confondus) sont réalisés. "C'est le premier incident que nous avons. Et il s'agit ici d'un incident marin, pas nucléaire", estime l'AFCN. 

Cependant, les causes de l'accident sont encore inconnues. Des techniciens britanniques ont été envoyés sur place pour identifier les causes de l'incendie. Pour l'AFCN, cela ne remet pas en cause les transports de déchets nucléaires par bateau. Les équipes sont en train de voir quand le bateau pourrait être réparé et les déchets arriver en Belgique.