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Le rejet, pour la troisième fois, du Traité de retrait de l'UE par les députés britanniques "accroît très fortement les risques d'une sortie sans accord", a réagi vendredi l'Elysée.

"Il appartient d'urgence au Royaume-Uni de présenter dans les tout prochains jours un plan alternatif (élections législatives, referendum, union douanière...). A défaut, et cela devient le plus probable, nous constaterons que le Royaume-Uni quitte l'Union européenne sans accord", a souligné la présidence française.

Destiné à mettre en oeuvre en douceur un Brexit décidé par référendum en juin 2016, le Traité proposé par la Première ministre Theresa May a été rejeté par 344 voix contre 286 vendredi.

Mme May a indiqué que l'option "par défaut" était désormais un Brexit sans accord ("no deal") le 12 avril. A moins qu'elle ne se résigne à demander un nouveau report, de plus longue durée, mais qui l'obligerait à organiser des élections européennes fin mai.

Pour Paris, "l'idée d'une extension longue, impliquant une participation du Royaume-Uni aux élections européennes, ne pourra être examinée que si le plan alternatif est crédible, soutenu par une majorité au Parlement britannique". "Une telle extension n'a rien d'évident, elle n'est pas automatique. La France aura pour priorité d'assurer le bon fonctionnement de l'Union européenne ; nous devons regarder vers l'avenir et ne pas sacrifier le projet européen", ajoute l'Elysée.

Peu après le vote des députés britanniques, le président du Conseil européen Donald Tusk a convoqué un sommet européen spécial le 10 avril. Il s'agira, selon l'Elysée, d'"examiner un éventuel plan alternatif ou constater cette sortie sans accord".

Présente à l'Elysée pour le grand débat avec les élus des Hauts-de-France, la maire de Calais Natacha Bouchart (LR) a réagi en qualifiant la situation de "pas très rassurante" alors que "les députés britanniques ne semblent pas avoir conscience des conséquences graves" de leur choix.

Durant ce débat, Emmanuel Macron a affirmé que la France était "le pays le plus prêt", parmi ceux qui sont directement concernés, à gérer les conséquences d'un Brexit sans accord, même s'il faudra "accélérer" les préparatifs" et négocier avec Londres sur la pêche.