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Le gouvernement britannique pourrait disposer d'un trésor de guerre de 26,6 milliards de livres qu'il pourrait utiliser dans les prochaines années pour faire face aux conséquences du Brexit, selon l'organisme public OBR.

Cette "cagnotte" constitue la marge de manœuvre à la disposition du Trésor jusqu'à la fin de la législature en 2020-2021, a indiqué l'OBR mercredi en fin de journée à l'occasion de la publication de la déclaration budgétaire de printemps par le ministre des Finances Philip Hammond.

La somme correspond à la différence entre les nouvelles prévisions de déficit budgétaire de l'Office de responsabilité budgétaire (OBR) et l'objectif du gouvernement en la matière.

Comme les finances publiques s'améliorent plus vite qu'escompté, M. Hammond pourrait dépenser ce montant tout en respectant son objectif d'un déficit budgétaire sous le seuil de 2% du produit intérieur brut.

"Les changements dans les prévisions et les décisions de politiques publiques fournissent au chancelier une marge de manoeuvre de 26,6 milliards de livres (31,2 milliards d'euros) sur la durée de son mandat", souligne l'OBR.

C'est bien plus que la somme de 15,4 milliards de livres issue des prévisions du budget d'octobre 2018.

Mais depuis, explique l'OBR, le pays a profité de rentrées fiscales plus élevées de la part des ménages les plus aisés et d'une baisse des taux d'intérêt sur la dette.

Ces facteurs ont permis de compenser le ralentissement de l'économie que subit le Royaume-Uni en raison du flou autour du Brexit.

M. Hammond avait prévenu qu'il était prêt à piocher dans cette "cagnotte" pour dépenser plus au cas où les députés voteraient pour l'accord de Brexit porté par la Première ministre Theresa May.

Le ministre avait promis un "dividende du Brexit", ce qui n'a pas empêché le Parlement de rejeter une nouvelle fois l'accord mardi soir.

Depuis, les députés se sont prononcés contre un Brexit sans accord mercredi soir et doivent jeudi dans la soirée voter sur un report de la sortie de l'UE.

De nouvelles dépenses grâce à des finances publiques plus confortables "permettraient enfin au chancelier de dire avec davantage de conviction que l'austérité arrive vraiment à son terme", note jeudi Paul Johnson, directeur du respecté centre de réflexion Institute for Fiscal Studies (IFS).

"Bien sûr, si les choses se passent mal avec le Brexit ou pour d'autres raisons, cette marge de manoeuvre pourrait disparaître", prévient-il.

Au milieu de plusieurs votes au Parlement, "Phil le comptable", comme il est parfois surnommé, a présenté un point budgétaire mercredi sans aucune effusion et sans complètement tourner le dos à l'austérité en place depuis une dizaine d'années dans le pays.

Il s'est contenté de distribuer quelques enveloppes ciblées notamment à la police pour lutter contre les attaques à l'arme blanche, repoussant à l'après-Brexit les décisions plus ambitieuses.