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A l’heure où de nombreux gouvernements annoncent la relance de leur programme nucléaire, le retour chahuté d’un convoi de déchets radioactifs en Allemagne a le mérite de nous rappeler une réalité trop souvent minimisée : le recours à l’atome nous laisse sur les bras d’encombrantes poubelles dont le volume est inversement proportionnel à la dangerosité.

Et malgré des décennies de recherches, le secteur n’a à l’heure actuelle rien de mieux à proposer que leur mise en décharge souterraine où, espère-t-on, celles-ci se feront oublier durant des millénaires. Un pari inédit. S’ils ne sont pas neufs, les débats autour de la gestion de ces déchets se sont considérablement accélérés ces derniers mois - en Belgique comme ailleurs - donnant, à tort ou à raison, le sentiment que l’on souhaite évacuer au plus vite un problème qui jette une ombre dérangeante sur le mythe d’une énergie totalement clean qu’essaie de vendre le lobby nucléaire.

Un dossier où la transparence n’est souvent que de façade. Des questions se posent également sur la responsabilité du financement de la gestion de ces déchets. En France, le patron d’EDF s’est récemment inquiété des coûts du projet de stockage géologique envisagés par le gouvernement; ceux-ci fluctuant dans une fourchette allant de 15 à 35 milliards d’euros In fine, il y a fort à parier que c’est au consommateur qu’il reviendra de les assumer. Les citoyens qui ne sont pas interpellés par la dimension éthique de cette question, seraient donc bien avisés de s’intéresser à sa dimension économique.