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Le gouvernement britannique soumet ce vendredi après-midi au députés, pour la troisième fois, le Traité de retrait négocié avec la Commission européenne. Massivement rejeté à deux reprises, le texte a récemment engrangé de nouveaux ralliements, laissant planer l'incertitude sur l'issue du vote.

Voici un aperçu des forces en présence à la Chambre des communes, où siègent 650 députés:

Les Conservateurs

Le 12 mars, 75 députés tories, sur 314, avaient voté contre l'accord de divorce, contribuant à son rejet. La Première ministre conservatrice Theresa May doit impérativement les faire changer d'avis pour espérer un résultat différent vendredi.

Alors que certains parlementaires rebelles conditionnaient leur soutien au texte à son départ, Theresa May a annoncé mercredi qu'elle quitterait ses fonctions si l'accord était adopté.

Parmi les plus fervents partisans du Brexit, l'ancien ministre des Affaires étrangères Boris Johnson a annoncé qu'il se rangeait désormais derrière le texte. Jacob Rees Mogg, chef de file du European Research Group, un groupe influent regroupant 60 à 85 députés pro-Brexit, pourrait également soutenir le texte, de crainte que le Brexit n'ait finalement pas lieu.

D'autres, comme l'ex-secrétaire d'État au Brexit Steve Baker, campent sur leur position. Ils reprochent au texte les dispositions relatives au filet de sécurité, qui prévoit en dernier recours le maintien du Royaume-Uni dans une union douanière avec l'UE et un alignement plus poussé de l'Irlande du Nord sur les normes européennes.

A l'opposé, une poignée de députés conservateurs ayant fait campagne contre le Brexit lors du référendum du 23 juin 2016 restent fermement opposés à celui-ci, et défendent l'organisation d'un second référendum.

Le DUP

Le petit parti ultraconservateur nord-irlandais offre à Theresa May une courte majorité au Parlement, grâce à son alliance avec le Parti conservateur.

Mais ses 10 députés pro-Brexit rejettent l'accord, qu'ils qualifient de "toxique". Ils refusent le "filet de sécurité" qui selon eux "fait peser une menace inacceptable sur l'intégrité du Royaume-Uni".

Le Labour

La plupart des 245 députés travaillistes sont pro-UE. Dans leur écrasante majorité, ils avaient suivi la ligne du parti et voté contre l'accord lors des précédents votes. Seuls trois d'entre eux l'avaient soutenu.

Mais la nouvelle position du chef du parti, Jeremy Corbyn, qui soutient désormais l'organisation d'un second référendum, fait grincer des dents en interne.

Une partie des députés travaillistes, élus de circonscriptions qui ont voté pour le Brexit, est très réticente à cette idée. Le gouvernement espère convaincre certains d'entre eux de s'opposer à la consigne de vote du parti et de soutenir l'accord.

Le SNP

Troisième force au parlement, le Parti national écossais compte 35 députés favorables à l'UE, qui se sont tous opposés à l'accord de divorce lors des précédents votes.

Le SNP souhaite que le Royaume-Uni, ou l'Écosse au minimum, reste dans le marché unique et l'union douanière.

Faute de quoi la cheffe du SNP et Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, a promis d'organiser un autre référendum sur l'indépendance de l'Écosse.

"La première préférence du SNP a toujours été d'empêcher le Brexit", a tweeté mercredi Mme Sturgeon.

Les Libéraux-démocrates

Europhiles, les 11 députés "lib dem" sont farouchement opposés au Brexit et refusent l'adoption de l'accord de divorce. Ils défendent l'organisation d'un second référendum.

Le Groupe indépendant

Ce groupe s'est constitué en février, sous l'impulsion d'ex-députés travaillistes europhiles, mécontents du positionnement du Labour.

Ils ont rapidement été rejoints par trois ex-députés conservateurs. Désormais onze, ils défendent l'organisation d'un second référendum. Tous rejettent l'accord de Brexit.